Ministre de l’Énergie : la réforme de la tarification des carburants soutiendra le pouvoir d’achat des citoyens et stimulera les activités économiques
Réforme des prix du carburant
- Publié par Aidara cheikh --
- Friday, 09 Jan, 2026
Son Excellence le ministre de l’Énergie et du Pétrole, M. Mohamed Ould Khaled, a annoncé la présentation, ce jour devant le Conseil des ministres, d’un projet de décret constituant une réforme structurelle globale de la tarification des carburants liquides en Mauritanie.
Le ministre a indiqué que les prévisions font état d’une baisse des prix des carburants en 2026. Sur cette base, Son Excellence le Président de la République, M. Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, a donné instruction de réduire les prix des carburants et d’orienter directement vers le citoyen les ressources qui auraient autrement alimenté le Trésor public.
E ministre a précisé que ce décret vise l’actualisation et l’harmonisation avec les évolutions du secteur aux niveaux national et international garantissant ainsi la stabilité du marché, l’amélioration des performances des acteurs et la rationalisation de l’intervention de l’État dans un secteur stratégique et sensible.
Lors de la conférence de presse consacrée aux résultats du Conseil des ministres, le ministre a souligné que ce projet abroge et remplace le décret n° 2014-067, dans le but de mettre à jour le cadre réglementaire du secteur des carburants conformément au programme électoral du Président de la République.
Le décret a pour objectif d’actualiser le cadre juridique régissant la structure des prix des carburants liquides afin de refléter les coûts réels tout au long de la chaîne de valeur, tout en renforçant la transparence et la cohérence du calcul des prix grâce à une définition précise des composantes techniques (approvisionnement international, stockage, fiscalité, transport, distribution).
Le ministre a également indiqué que le texte vise à organiser les relations entre l’État et les acteurs du secteur (importateurs, sociétés de distribution, détaillants, gestionnaires de dépôts), à clarifier les responsabilités et obligations, à institutionnaliser la gestion des réserves stratégiques et à encadrer leur utilisation par une autorisation préalable, avec des conditions de reconstitution clairement définies.
Répondant aux questions des journalistes, le ministre a rassuré l’opinion publique sur la disponibilité du gaz domestique, niant toute pénurie et précisant que les indicateurs de la veille faisaient état d’un stock de 4 361 tonnes de gaz butane.
Il a expliqué que la légère perturbation enregistrée la semaine dernière était due à des conditions climatiques ayant empêché l’accostage des navires au port, une situation rapidement résolue dès l’arrivée du navire transportant la cargaison lundi dernier.
Concernant les subventions aux carburants liquides, le ministre a indiqué que l’État a dépensé près de 19 milliards d’ouguiyas anciennes en 2024, et que le montant des subventions a atteint 5,5 milliards d’ouguiyas anciennes au cours des neuf premiers mois de 2025.
Il a également précisé que l’État a soutenu les prix du gaz domestique à hauteur de 14 milliards d’ouguiyas anciennes en 2024, et de 11 milliards d’ouguiyas anciennes durant les neuf premiers mois de 2025.
Le ministre a réaffirmé que les citoyens bénéficieront de toute baisse des prix des carburants liquides (essence et diesel), ajoutant que ce projet de décret constitue un levier de renforcement du pouvoir d’achat et un soutien majeur à l’économie, au commerce ainsi qu’à la mobilité des personnes et des marchandises.
S’agissant du renforcement de l’électricité à Nouakchott, il a indiqué que 40 postes de transformation ont été construits et que 150 km de lignes électriques sont en cours de déploiement, dont 73 km déjà réalisés, le reste devant être achevé en février et mars prochains. Il a ajouté que 25 km de câbles de 33 kV et 108 km de câbles de 15 kV ont également été installés, parallèlement à d’importants efforts de maintenance.
Enfin, le ministre a souligné que la Mauritanie avance résolument vers une valorisation qualitative du champ gazier commun avec le Sénégal, précisant que son département travaille actuellement à la construction d’une grande centrale électrique à N’Diago, d’une capacité de 225 MW, qui fonctionnera au gaz et produira une énergie « nettement moins coûteuse » que le fuel lourd, ce qui constituera un tournant majeur pour l’industrie et l’économie nationale.
7 janvier 2026 – Nouakchott
Mauritanie : vers une baisse stratégique des carburants liquides pour stimuler l’économie
La Mauritanie s’apprête à engager une réforme majeure de son secteur énergétique avec l’annonce d’une baisse imminente des prix des carburants liquides. Au-delà d’un simple ajustement tarifaire, cette mesure s’inscrit dans une démarche globale de valorisation des ressources nationales et de soutien au pouvoir d’achat des citoyens, tout en renforçant la compétitivité du marché.
Selon le ministre de l’Énergie et du Pétrole, M. Mohamed Ould Khaled, l’objectif est double : refléter les coûts réels des carburants et assurer une tarification en phase avec les dynamiques nationales et internationales, tout en améliorant la transparence et l’efficacité du secteur.
La mesure devrait ainsi favoriser la mobilité des personnes et des marchandises, dynamiser l’activité économique et consolider la résilience du pays face aux fluctuations du marché mondial de l’énergie.
Cette réforme s’inscrit dans un plan plus large de développement du secteur gazier, comprenant la valorisation du champ gazier commun avec le Sénégal et la construction d’une centrale électrique au gaz.
Ces projets permettront de produire une énergie compétitive, de stimuler l’industrie et d’attirer de nouveaux investissements, ouvrant la voie à un tournant stratégique pour l’économie nationale.
En combinant baisse des prix et modernisation énergétique, la Mauritanie affiche une vision claire : transformer ses atouts énergétiques en leviers de croissance durable, tout en consolidant la stabilité économique et en préparant le terrain à une industrialisation plus ambitieuse. Une dynamique qui pourrait, à terme, placer le pays parmi les acteurs régionaux majeurs du marché énergétique.
Suppression du soutien aux carburants : un député met en garde contre un pari risqué
Le député Yahya Ould Loud a estimé que les craintes qu’il avait exprimées se sont confirmées après l’annonce par le gouvernement de la suppression du soutien aux hydrocarbures.
Il a averti que faire dépendre le pouvoir d’achat des citoyens d’une baisse attendue des prix de l’énergie en 2026 constitue, selon lui, un risque majeur. Dans une publication sur les réseaux sociaux, le parlementaire a accusé l’exécutif de transférer directement aux citoyens les conséquences des fluctuations des prix internationaux.
Il a souligné que les carburants ne sont pas des produits de luxe, mais un facteur clé du transport, de l’alimentation et des services, toute hausse se traduisant par une inflation généralisée.
Yahya Ould Loud a également relevé que l’exclusion du gaz domestique de la réforme traduit le caractère socialement sensible d’une levée totale des subventions, s’interrogeant sur la logique qui consiste à exposer les autres carburants à de telles variations.
