L'Etat mauritanien et sa guerre contre les blogueurs à l'étranger Le crime des blogueurs mauritaniens à l’étranger, «avoir dénoncé la corruption et le pillage massif des ressources publiques» selon les avis les plus répandus
Saturday, 03 Oct 2026 20:00 pm

L'Authentique

Depuis quelques jours, l’Etat mauritanien a engagé une véritable chasse aux supposés «trésors financiers» des blogueurs mauritaniens installés à l’étranger, principalement aux États-Unis. Le crime de ces derniers ? Selon la majorité des avis, c’est d’avoir fait la pression; par la dénonciation; sur les auteurs supposés de corruption et de détournements de ressources publiques en Mauritanie, dont certains dans les plus hautes sphères de l’Etat.

De leur côté; les autorités mauritaniennes déclarent avoir pris la décision ferme de démanteler un «vaste réseau d’extorsion et de chantage» installés à l’étranger.

Mais dans cette chasse «aux sorcières» selon les termes utilisés par plusieurs internautes, un seul blogueur semble concentrer l’attention de l’appareil sécuritaire et judiciaire mauritanien : Sidi Ould Kmach.

Installé aux Etats-Unis depuis plusieurs décennies, Sidi Ould Kmach est un ancien militaire. Il fait partie des blogueurs installés à l’étranger; l’un des plus populaires en Mauritanie. Chacune de ses sorties est marquée par des attaques virulentes contre le pouvoir de Mohamed Cheikh Ghazouani. Les fans des réseaux sociaux suivent sa page de façon régulière et s’attendent à des informations de plus en plus croustillantes sur les frasques des tenants du pouvoir.

Très souvent, ses informations semblent être de première main et des soupçons pèsent sur ses vastes réseaux d’informateurs basés en Mauritanie, et dont la plupart seraient très proches des centes de décision.
 

Sidi Ould Kmach serait pour le moment le principal dissident dans le collimateur des enquêteurs mauritaniens. Son frère et, sa soeur transférée de MBout, un département du Gorgol, ont été arrêtés le 28 septembre. Ils auraient été conduits à la Direction générale de la sûreté nationale puis à l’Ecole de Police, selon certaines sources. Ni leurs avocats ni leurs familles n’ont eu aucun accès à eux, ni obtenu la moindre information sur leur sort, ni sur les motifs de leur arrestation.

Les interpellations se poursuivent. Six personnes auraient été interrogées, dont la plupart encore en détention. La liste se rallonge de jour en jour, avec de nouvelles interpellations dans le rang de quelques journalistes.

Seulement, plusieurs questions continuent de hanter l’opinion publique. Parmi elles, celle qui s’interroge sur le rôle de l’Etat mauritanien dans cette affaire si les diffamations supposées et les extorsion de fonds ont touché des personnalités. Pourquoi les «victimes» supposées de rackette et d’extorsion n’ont pas porté plainte eux-même ? Pourquoi ont-ils cédé aux chantages s’ils n’avaient rien à se reprocher ?

D’autre part, une partie de l’opinion se demande pourquoi ne pas identifier les personnalités impliquées dans ces «réseaux» qu’ils nourrisent de leur propre argent.? Pourquoi ne pas aller à la source de la corruption des «blogueurs» ? Est-ce vrai que ces blogueurs à l’étranger sont devenus des intermédiaires dans cette guerre fratricide entre les ailes ennemis du pouvoir qui leur fourguent des informations et leur livre des dossiers de malversation de leurs ennemis pour les descendre ?

La moisson semble en tout cas maigre pour l’instant,et se résumerait à la confiscation d’une maison contrsuite à Nouakcjhott par Sidi Kmach.

Samedi 3 octobre 2026, la police se serait rendu à la boutique du frère de Sidi Kmach sans que l’opinion ne soit encore informée des objectifs de cette perquisition que beaucoup considère comme superflu  au vu de la personnalité rangée et religieuse de l’interpellé.

Beaucoup s’interroge aussi sur le timing de cette affaire. Pourquoi maintenant ?

Cheikh Aïdara