
Face au mal qui gangrène le monde musulman, et la Mauritanie avec, la question est légitime. Que reste-t-il encore des valeurs islamiques dans des pays sensés suivre à la lettre les enseignements du Saint Coran et de la Sunna du Prophète (PSL). Mensonges, hypocrisie, vols, viols, meurtres, assassinats, trafic de drogues, de faux médicaments et de produits de consommation périmés, détournements de l’argent des peuples, délitement des élites, compromissions des Ulémas avec des gouvernants corrompus, perte de la foi, recherche de luxure et des biens terrestres, expansion de l’injustice...Autant de vilenies qui ont complètement sapé les fondements de la religion musulmane dans bien de capitales à travers le monde islamique. Alors, j’ai demandé à IA, d’expliquer les raisons d’une telle ambiguïté qui fait qu’aujourd’hui, les musulmans sont mieux protégés dans des pays non musulmans que dans leurs propres pays.
Voilà la réponse.
Ce décalage entre valeurs et pratiques religieuses n'est pas propre à une région, mais il prend des formes spécifiques dans les pays où l'islam est religion d'État. Les recherches en sciences sociales montrent que la question centrale n'est pas l'adhésion aux valeurs, mais l'efficacité des institutions et les incitations politiques qui façonnent les comportements.
Le paradoxe central : la foi ne suffit pas
L'islam condamne sans ambiguïté la corruption, le mensonge, l'abus de pouvoir ou l'adultère. Pourtant, de nombreux pays à majorité musulmane se classent parmi les plus corrompus au monde. Une étude empirique sur les pays de l'Organisation de la coopération islamique (OCI) révèle un résultat contre-intuitif : l'adoption de l'islam comme religion d'État est statistiquement associée à une augmentation de la corruption, suggérant que l'institutionnalisation religieuse peut affaiblir la qualité de la gouvernance.
L'explication réside dans le fait que les sanctions religieuses (récompenses ou châtiments dans l'au-delà) pèsent moins lourd que les mécanismes institutionnels comme la probabilité d'être détecté et puni. La recherche montre que le risque perçu de détection et la tolérance aux infractions mineures sont des facteurs explicatifs plus puissants que la dévotion personnelle. Autrement dit, là où l'impunité est la règle, la foi ne protège pas contre la tentation.
Les formes concrètes du décalage
Corruption, détournement et népotisme
Dans de nombreux pays musulmans, les pratiques de wasta (relations personnelles pour obtenir des faveurs) sont si répandues qu'elles sont devenues synonymes de corruption dans le discours arabe contemporain. Le Qatar, pourtant riche et relativement stable, voit ses citoyens se plaindre régulièrement de la nécessité du wasta pour accéder aux services publics.
En Mauritanie, la situation illustre ce paradoxe. Le pays, officiellement « République Islamique », est classé 124e sur l'Indice de perception de la corruption de Transparency International. Un ouvrage collectif réalisé par l'Association des Oulémas mauritaniens et la Coalition Contre la Corruption rappelle que « la corruption, sous toutes ses formes, est formellement interdite » par le Coran et la Sunna, mais le phénomène reste « bien ancré dans la société ».
Le cas emblématique du pèlerinage est révélateur. En 2025, la sœur du ministre des Affaires islamiques a été vue dans le premier convoi officiel vers La Mecque, suscitant des accusations de népotisme. L'article souligne que « ce n'est pas illégal » car le ministre dispose d'un quota, mais « c'est une imprudence politique » dans un pays où « l'apparence pèse parfois plus que le péché ».
Alcool, adultère et double morale des élites
Les interdits islamiques sur l'alcool et les relations hors mariage sont souvent contournés par les élites, particulièrement lorsqu'elles voyagent à l'étranger. Des articles de presse européens documentent des « fêtes orgiaques » impliquant des membres de familles royales du Golfe, en contradiction flagrante avec l'islam wahhabite qu'ils promeuvent chez eux. Au Brunei, où la charia a été durcie, des informations font état de « fêtes sexuelles, alcool et drogues » au sein de la famille royale.
En Mauritanie, des réseaux de trafic de drogue et d'alcool opérant dans les hôtels les plus prestigieux de Nouakchott ont été démantelés, impliquant « des célébrités et des enfants de familles influentes ». L'État lui-même perçoit des taxes sur l'alcool introduit dans le pays, créant une contradiction entre l'interdiction religieuse et la réalité fiscale.
Violence, meurtres et impunité
Dans plusieurs pays musulmans, les crimes d'honneur bénéficient de réductions de peine, voire d'une exemption totale, si la famille de la victime pardonne. En Jordanie, l'article 98 du Code pénal permet de réduire la peine à six mois dans ce cas. Les codes pénaux jordanien, égyptien, syrien et libanais prévoient tous des réductions pour les meurtres « pour raison d'honneur ». L'islam interdit formellement le meurtre sans justification légale, mais les normes sociales patriarcales l'emportent sur le droit religieux.
Dictature et abus de pouvoir
Le népotisme est un problème structurel dans de nombreux pays arabes. En Jordanie, « un Jordanien sur trois travaille pour le gouvernement, un emploi de choix souvent obtenu par favoritisme, connexion tribale ou corruption ». Le népotisme est si répandu que, lorsqu'il est rampant, « le talent et l'intelligence sont dévalorisés ; les officiers choisis pour leurs liens familiaux sont peu susceptibles d'offrir des conseils indépendants ».
Pourquoi ce décalage persiste-t-il ?
Trois facteurs principaux se dégagent des recherches :
1. L'institutionnalisation de la religion : Quand l'islam devient religion d'État, il peut être instrumentalisé pour légitimer le pouvoir plutôt que pour le limiter. Les élites utilisent les symboles religieux comme « légitimation esthétique » pendant que les réseaux de corruption et de patronage prospèrent.
2. La faiblesse des institutions : Le problème n'est pas l'islam en tant que tel, mais l'absence d'État de droit, de justice indépendante et de mécanismes de redevabilité. Une étude comparant pays musulmans et occidentaux conclut que la perception que les pays occidentaux sont moins corrompus « se résume au fait qu'ils ont des lois plus sévères et une meilleure application ».
3. Les normes sociales parallèles : Dans de nombreuses sociétés, les solidarités familiales, tribales ou claniques priment sur l'éthique islamique universelle. Le wasta n'est pas perçu comme de la corruption, mais comme une obligation sociale. La religion condamne, mais la société valorise la loyauté au groupe.
En définitive, le décalage décrit n'est pas une spécificité mauritanienne ou arabe, mais un phénomène universel : aucune société n'est à la hauteur de ses idéaux. Ce qui varie, c'est la capacité des institutions à transformer les valeurs proclamées en contraintes réelles. Dans les pays où l'islam est à la fois religion et idéologie d'État, ce décalage est souvent plus visible parce que l'écart entre le discours officiel et la réalité quotidienne est plus criant.
La question n'est donc pas « pourquoi les musulmans ne suivent-ils pas l'islam ? », mais plutôt « pourquoi les institutions des pays musulmans ne parviennent-elles pas à faire respecter les normes qu'elles proclament ? » — une question qui renvoie à l'économie politique, à l'histoire coloniale, aux inégalités et aux rapports de pouvoir, autant qu'à la religion.