
Le chef du gouvernement malien Assimi Goïta, dont on ignorait le sort depuis les attaques sans précédent lancées par des groupes armés qui ont déstabilisé le Mali, s'est rendu au chevet de blessés de ces assauts. Il a reconnu une situation "d'extrême gravité" pour le pays, appelant la population à ne pas céder à la "division".
Le chef du gouvernement malien Assimi Goïta, dont on ignorait le sort depuis les attaques sans précédent lancées par des groupes armés qui ont déstabilisé son régime, s'est rendu ce mardi 28 avril au chevet de blessés de ces assauts, selon des communiqués et photos publiés par la présidence malienne.
La fébrilité règne au Mali trois jours après des attaques sans précédent des djihadistes du JNIM alliés aux indépendantistes touareg du Front de libération de l'Azawad (FLA) qui continuent d'avancer dans le nord face à un gouvernement plus affaibli que jamais et dans une "situation difficile", de l'aveu même de son allié russe.
La Russie réaffirme son engagement
Ce mardi 28 avril, Assimi Goïta a reçu l'ambassadeur de Russie dans le pays, selon la présidence malienne qui a publié des photos de l'entretien. Les deux parties ont évoqué la situation actuelle, selon un communiqué de la présidence.
L'ambassadeur russe à Bamako, Igor Gromyko, a "réaffirmé l'engagement de son pays aux côtés du Mali dans la lutte contre le terrorisme", assurant que la "Russie sera toujours l'amie du Mali", selon ce texte.
Le général a également rendu visite aux blessés civils et militaires pris en charge à l'hôpital de Kati, situé à une quinzaine de km de Bamako, et a souhaité "un prompt rétablissement" aux blessés, selon un autre communiqué de la présidence.
Après cette visite, la chaîne publique malienne ORTM a annoncé qu'Assimi Goïta allait s'adresser au pays mardi à 20H00 locales et TU dans le journal télévisé.
Mettre en garde contre "un vaste plan de déstabilisation"
Dans son discours, le général a reconnu une situation "d'une extrême gravité". Mais il a rassuré la population et affirmé que "la situation est maîtrisée". Il a rappelé les lieux des attaques djihadistes, Bamako, Mopti, Dao et Kati. Cette ville-garnison a été visée samedi par une attaque des groupes armés, qui a fait au moins 23 morts civils et militaires, selon un nouveau bilan donné à l'AFP par une source hospitalière.
Il a salué l'action des forces armées et de sécurité et assuré qu'un "nombre important" d'assaillants a été "neutralisé".
Des "opérations de ratissage" et de sécurisation se poursuivent et la situation "est rétablie" affirme-t-il. Le général a ensuite mis en garde contre "le vaste plan de déstabilisation" que constituent ces attaques "conçues et exécutées par des groupes armés terroristes et des sponsors internes et externes qui leur fournissent des renseignements et des moyens logistiques".
Le Mali a besoin de lucidité et non de panique, déclare le Général Assimi Goïta.
Assimi Goïta a exhorté les Maliens à "ne pas céder aux rumeurs et aux messages d'affolement, ni aux manipulations. Par les temps qui courent, la désinformation peut devenir une arme au service des terroristes."
Le général a salué la "synergie d'action au sein de la Confédération des États du Sahel" et remercié le partenariat "stratégique" avec la Russie.
C'est dans l'attaque à Kati, menée par "un véhicule piégé conduit par un kamikaze", que le général Sadio Camara a été tué. Assimi Goïta s'est également rendu au domicile du général Camara pour présenter ses condoléances à sa famille.
Une situation qui reste "difficile"
Dans une publication un peu plus tôt sur les réseaux sociaux, le ministère russe de la Défense a estimé que les rebelles et djihadistes étaient en train de se regrouper et que la situation au Mali restait "difficile".
Le ministère a aussi confirmé que l'Africa Corps - des paramilitaires envoyés en appui du gouvernement malien - a dû se retirer de la ville-clef de Kidal (nord), dont les groupes armés se sont emparés le weekend dernier. Le Kremlin a dit également souhaité le retour "au plus vite" de la stabilité dans ce vaste pays sahélien, en proie depuis 2012 aux conflits et aux violences djihadistes.
Ce 28 avril, le JNIM a menacé d'imposer un blocus sur les entrées de la capitale malienne Bamako, selon une vidéo d'un de leurs porte-paroles.
"À partir d'aujourd'hui, un blocus est imposé à Bamako sur tous les axes", a déclaré dans la vidéo un des porte-paroles du JNIM, Bina Diarra. "La seule mesure de tolérance est accordée à ceux qui se trouvent déjà à Bamako pour leur permettre de repartir. En revanche, il est désormais interdit de s'y rendre jusqu'à nouvel ordre", a-t-il affirmé.
Il n'était pas possible dans l'immédiat de savoir si ce blocus serait vraiment effectif ou pas dans les prochains jours.
Par TV5MONDE avec AFP