
Les évènements qui se déroulent actuellement en Mauritanie, à la lumière de l’affaire de la petite Nouha, dont l’épilogue vient d’être marqué ce 16 février 2026 par le classement du dossier, rappellent à bien des égards ce qui s’était passé il y a dix ans en 2016 avec les militants d’IRA suite à la fameuse affaire « Gazra Bouamatou ».
A cette époque, toute la direction du mouvement IRA, encore organisation non reconnue, avait été arrêtée, emprisonnée et jugée. Aujourd’hui, le même scénario semble se répéter avec les arrestations tous azimuts dans les rangs de l’organisation.
Abdallahi Abou Diop, responsable de la Commission des droits de l’Homme au sein du mouvement vient d’être arrêté au Commissariat pour mineurs de Dar Naïm ce 16 février 2026. La veille, c’est le Coordinateur de IRA au niveau de Nouadhibou qui a été jeté en prison. S’ajoutent à cette liste, la jeune militante Warda Ahmed Souleymane, le Coordinateur au niveau de la Région Sud, Bounass Ould Ahmeid, le président de la section de Koumbi Saleh, Mohamed Vadel Eleyatt, en plus de deux militantes, Lalla Vatima et Rachida Mint Saleck. La liste s'est allongé avec la convocation du Coordinateur El Id Ould El Hadj.
En ce qui concerne les affaires d’esclavage soulevées en Mauritanie, le scénario est le même. On libère les présumés esclavagistes soit en requalifiant les faits en faits mineurs soit le dossier est classé ou enterré dans les tiroirs de l’oubli. Par contre, le couperet tombe rapide et sans coup férir sur les défenseurs des droits de l’homme, militants du mouvement que dirige la bête noire du régime et de tous les esclavagistes, Birame Dah Abeid.
Ainsi, depuis la promulgation de la Loi 031-2015 criminalisant l’esclavage, aucun dossier sur l’esclavage, même les plus fragrants n’ont été jugés sérieusements. En général, si des peines sont prononcées, elles dépassent rarement deux ou trois années, la où les dispositions de la loi requièrent des peines minima de 20 ans. Il s’agit somme tout de crimes contre l’humanité prescrit dans la Constitution mauritanienne.
Pour l’affaire actuelle, celle de la petite Nouha, 11 ans, le traitement du dossier a pris deux semaines. Deux semaines durant lesquelles les militants d’IRA ont observé un sit-in ininterrompu devant le Commissariat des Mineurs sis à Dar-Naïm. Ce sit-in a été mâté dans le sang. Plusieurs militants ont été transportés à l’hôpital Cheikh Zayed, avec le cas d’urgence du militant Laghdaf Néma.
C’est avec la même hargne policière que les militants massés devant le tribunal criminel contre l’esclavage ont été aussi attaqués, causant des blessées et des fracturés.
En fin de compte, le tribunal a classé le dossier de la petite Nouha malgré toutes les preuves avancées par IRA sur sa réduction en état d’esclavage par la famille qui l’aurait arraché à sa mêre.
Devant la gravité des faits, et le temps qui leur a été laissé, les militants d’IRA affirment que la fille et sa mère ont été soumises à des pressions, les poussant à nier toute forme d’oppression.
C’est sur cette base que le tribunal aurait retourné la situation, faisant de cette affaire d’esclavage, un boomerang contre les militants d’IRA dont la chasse est désormais ouverte.
Cheikh Aïdara