Lorsque l’injustice devient une pratique normalisée, personne n’est à l’abri
Lorsque l’injustice devient une pratique normalisée, personne n’est à l’abri
- Publié par Aidara cheikh --
- Tuesday, 18 Aug, 2026
Le Jeudi 13 avril 2026 vient d’allonger la liste déjà longue des dates marquées par la répression des défenseurs des droits humains en Mauritanie.
Dans une déclaration qui a alerté la communauté internationale des défenseurs des droits humains, l’Initiative pour la Résurgence du Mouvement Abolitionniste en Mauritanie (IRA-Mauritanie) a dénoncé la condamnation, à quatre ans d’emprisonnement ferme, de trois militants anti-esclavagistes par la Cour criminelle de Nouakchott-Sud.
Il s’agit de ElJah Ould Elid, Coordinateur général d’IRA-Mauritanie, Abdallahi Abou Diop, Chargé des droits humains, et Bounass Hmeida, Président de la Coordination de Nouakchott-Sud. Leur « crime » ? Avoir alerté les autorités sur un cas présumé d’esclavage concernant une petite fille de 11 ans, Nouhe Mint Mohamed.
Au lieu de soutenir et de protéger ces militants dans l’accomplissement de leur noble mission, les autorités mauritaniennes ont choisi d’engager contre eux des poursuites que nous considérons injustes, tandis que les personnes présumées responsables des faits dénoncés demeurent en liberté.
Il est important de comprendre que, lorsque l’injustice devient une pratique normalisée, personne n’est à l’abri, à commencer par ceux qui pensent en être protégés. C’est précisément le sens de cette célèbre pensée de Martin Luther King Jr. : « Une injustice, où qu’elle se produise, est une menace pour la justice partout. »
Par cet acte, le gouvernement du Président Mohamed Ould Ghazouani démontre une fois de plus, s’il en était encore besoin, son manque manifeste de volonté de lutter véritablement contre l’esclavage, cette pratique inhumaine et humiliante qui continue de porter atteinte à la dignité de milliers de personnes. Le gouvernement doit comprendre que le peuple mauritanien n’est pas dupe. Peut-on prétendre jouer simultanément les rôles de sapeur-pompier et de pyromane sans finir par être démasqué ?
En conséquence, IRA-Mauritanie, ainsi que toutes les organisations engagées dans la défense des droits humains, doivent dénoncer avec la plus grande fermeté la condamnation de ces vaillants défenseurs de la dignité humaine et leur exprimer une solidarité pleine et entière.
Il est temps que le régime au pouvoir tire les leçons de l’histoire de la répression. Car lorsqu’un peuple lutte avec détermination pour une cause aussi noble que l’éradication de l’esclavage et la défense de la dignité humaine, aucune campagne d’intimidation, aucune menace et aucune répression ne peuvent indéfiniment arrêter sa marche vers la justice.
Nous demandons donc la libération immédiate et inconditionnelle de ces défenseurs des droits humains, victimes d’un système judiciaire que nous considérons comme partial et partisan ;
Nous disons non à la répression comme mode de gouvernance ;
Nous disons non à l’impunité ;
Nous disons oui à la justice, à la dignité humaine et à l’éradication définitive de l’esclavage en Mauritanie.
Bakary Tandia, Human Rights Advocate New York City, August 15, 2026
