La 34ème Conférence Régionale de la FAO ouvre ses assises à Nouakchott
Ouverture à Nouakchott de la 34ème Conférence Régionale de la FAO
- Publié par Aidara cheikh --
- Monday, 13 Apr, 2026
Le Palais des Congrès « Mokhtar Ould Daddah » de Nouakchott, a abrité lundi 13 avril 2026, les assises de la 34ème Conférence Régionale de l’Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture (FAO) sous le thème : « Assurer une transformation durable des systèmes agricoles et alimentaires en Afrique ». Les travaux s’achèveront le 17 avril courant.

La 34ème Conférence Régionale de la FAO s’est ouvert, lundi 13 avril 2026, à Nouakchott en Mauritanie, en présence des délégués venus des cinq régions du continent africain.
Ouvrant les travaux, le Ministre de l’Agriculture et de la Souveraineté Alimentaire, Mohamedou Ahmedou M’Haimid, a souligné la nécessité de moderniser la production, de renforcer les partenariats public-privé et d’investir dans les chaînes de valeur, compte-tenu du contexte mondial complexe et des pressions croissantes liées au changement climatique, au prix de l’énergie et des intrants.

Il a précisé que les conclusions de la réunion des hauts responsables jetteront les bases de la déclaration ministérielle qui sera adoptée plus tard dans la semaine. Il a par la suite tenu à remercier la FAO pour son soutien.
Auparavant, le directeur général adjoint de la FAO et représentant régional de l’Afrique, Abebe Haile-Gabriel, avait mis en avant les pressions mondiales en constante évolution qui pèsent sur les systèmes agroalimentaires africains, telles que les conflits, la crise climatique et les chocs économiques.

« Nous devons mettre en place des systèmes capables d’absorber les chocs sans plonger des millions de personnes davantage dans la faim », a-t-il déclaré. « Ce qu’il faut, c’est une mise en œuvre rigoureuse, des investissements coordonnés, ainsi qu’un engagement politique et un leadership soutenu au niveau national. » a-t-il ajouté.
Session technique autour de la Déclaration de Kampala
A l’entame de la session relative à la Déclaration de Kampala, vieille de trois décennies, il a été procédé à l’annonce de la composition du présidium de la conférence, sous la présidence de la Mauritanie (pays organisateur) et la vice-présidence du Maroc (pays hôte de la dernière conférence) et celle de l’Ethiopie (pays devant abriter la prochaine conférence), ainsi que les deux rapporteurs, le Gabon et l’Afrique du Sud.4
La communication sur la Déclaration de Kampala a été assurée par le Chargé des Politiques au sein de la FAO, Marc Fyn, qui a mis en exergue l’engagement de l’Afrique en faveur d’une approche plus globale et plus systémique des systèmes agroalimentaires qui sera concrétisée, selon lui, par la stratégie et le plan d’action du CAADP pour la période 2026-2035.

Dans leurs différentes interventions, les délégués ont souligné la nécessité de se concentrer sur une action nationale intégrée plutôt que sur des réponses fragmentées, secteur par secteur. Cette approche sera soutenue, selon eux, par un leadership politique, une coordination intergouvernementale, des systèmes de données, des plans d’investissement et des accords multipartites inclusifs.
L’objectif est de mobiliser 100 milliards de dollars US à investir dans les systèmes agroalimentaires, d’augmenter la production d’environ 45%, de tripler le commerce intra-africain et de réduire de moitié les pertes après récoltes d’ici 2035.
Quelques défis à relever
La gestion durable des ressources foncières, pédagogiques et hydriques de l’Afrique figurent parmi les défis urgents à relever parmi ceux qu’examineront les délégués. Il semble avéré que plus de 65% des sols africains sont dégradés et que plus d’un tiers des Africains font face à une pénurie en eau. Autant d’éléments qui risquent de saper la productivité, la résilience et les moyens de subsistance, surtout en milieu rural.

Dans ce tableau sombre, quelques lueurs d’espoir, des opportunités évidentes, notamment la planification intégrée de l’utilisation des terres, la restauration des terres agricoles dégradées, une utilisation plus efficace de l’eau, la cartographie des eaux souterraines, l’irrigation à petite échelle et des systèmes d’informations plus solides pour orienter les décisions politiques et d’investissement.
Renforcer la résilience des systèmes agroalimentaires
Il fut question au cours de cette première journée de la 34ème Conférence régionale de la FAO, de l’importance de renforcer la résilience des systèmes agroalimentaires face aux risques multiples. D’où la réflexion que les délégués devront mener au cours de leurs travaux sur la nécessité de mettre en place des systèmes de production capables de résister au changement climatique, aux chocs économiques, aux perturbations des chaînes d’approvisionnement, aux ravages et aux maladies, ainsi qu’aux autres pressions externes qui continuent d’affecter la sécurité alimentaire et les moyens de subsistance en milieu rural sur le continent.

Mieux gérer son capital naturel
Une session sera consacrée à la manière la plus judicieuse d’exploiter le capital naturel africain, à travers une meilleure harmonisation entre les stratégies en matière de biodiversité et de bioéconomie, grâce aux importantes ressources dont regorge le continent. Il est en effet constaté que l’Afrique ne capte pas moins de 10% de la valeur finale générée par sa biomasse, alors que se dégrade la biodiversité, les sols et le climat du continent, ce qui compromet les moyens de subsistance et les perspectives économiques.
La suite du programme
Les travaux se poursuivront mardi 14 avril 2026 au Palais « Al Mourabitoune ». Ils porteront sur les résultats de la FAO en Afrique durant la période 2024-2025 ainsi que sur les priorités pour la région africaine dans le cadre du Cadre Stratégique révisée 2022-2031.
Seront également examinés, les enseignements tirés de la mise en œuvre des initiatives phares de la FAO en Afrique, telles que l’Initiative « Main dans la Main » (Hand in Hand) et « Un pays, un produit prioritaire » (OCOP).

La journée du 15 avril sera consacrée au Forum mondial de l’alimentation, qui réunira les parties prenantes autour des thèmes de l’engagement des jeunes, de la science et de l’innovation, les investissements pour la transformation des systèmes agroalimentaires en Afrique.
Jeudi 16 avril, les ministres de l’Agriculture africains se réuniront au cours d’une cérémonie qui sera marquée par un évènement spécial organisé par le pays hôte, la Mauritanie, suivie d’une table-ronde sur les moteurs et les catalyseurs de la transformation des systèmes agroalimentaires.
Vendredi 17 avril, dernier jour de la Conférence régionale de la FAO, les ministres et autres participants de haut niveau poursuivront les discussions sur le financement des systèmes agroalimentaires, la gestion des ravageurs et des maladies transfrontaliers, ainsi que le « Blue Transformation » en Afrique. La fin de la conférence régionale sera marquée par une déclaration ministérielle et l’adoption du rapport de la conférence.
La cérémonie d’ouverture s’est déroulée en présence du Ministre de l’Elevage, de l’ambassadrice de la Mauritanie en Italie, du Wali de Nouakchott-Nord, de la Présidente de la Région de Nouakchott et du Coordinateur de la Session au niveau du Bureau régional de la FAO pour l’Afrique du Nord basé à Tunis.
Cheikh Aïdara
