Que sont devenus les jeunes formés par le PECOBAT à Kaédi une année après avoir débuté leur formation ?

jeudi 17 janvier 2019
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Plus d’une année est passée, depuis que le projet PECOBAT, financé par le Fonds fiduciaire d’urgence de l’Union européenne et mis en œuvre par le BIT les a présélectionnés et formés durant sept mois, dont trois mois de formation théorique et quatre mois de stage. Eux, ce sont plus d’une soixantaine de jeunes, garçons et filles, qui ont été initiés en maçonnerie-terre et en énergies renouvelables à Kaédi, capitale du Gorgol, à partir de décembre 2017. La plupart de ces jeunes se sont dits satisfaits de cette formation qui les a dotés d’un métier de vie, même s’ils sont maintenant confrontés aux dures réalités du marché du travail mauritanien, surtout en dehors des grands centres urbains. Beaucoup sont partis chercher des opportunités à Nouakchott, tandis que d’autres espèrent se tailler un avenir sans quitter leur région malgré les difficultés. Selon leurs différentes déclarations, les métiers qu’ils ont acquis, que cela soit en maçonnerie ou en énergies renouvelables, leur ouvriront des opportunités sur le marché de l’emploi, dans le secteur des BTP où la demande en ouvriers qualifiés est de plus en plus forte. Nous en avons rencontré quatre, deux filles à Kaédi et deux jeunes hommes à Nouakchott.

Savia Mint Abdallahi, 26 ans, divorcée et mère de deux enfants, formée en énergies renouvelables : « après ma formation par le PECOBAT ici à Kaédi, j’ai bénéficié d’un stage d’un mois à la Somelec1. Cette expérience a été la plus importante de ma vie. Désormais, je dispose d’un métier qui me permettra, avec un petit capital, de me mettre à mon propre compte. J’en ai parlé à des promotionnaires et on réfléchit déjà sur un projet, à travers un Groupement d’Intérêt économique (GIE), que nous voulons créer. Bien que je n’aie pas encore trouvé une embauche, je ne regrette pas d’avoir bénéficié de la formation offerte par le PECOBAT. Je sais qu’il y a beaucoup d’entreprises locales qui travaillent dans le bâtiment. Beaucoup ont été formées par le PECOBAT. Donc, il existe de réelles perspectives, surtout dans le domaine des énergies renouvelables, un secteur où la demande en ouvriers qualifiés va s’accroître les années à venir. Surtout, avec l’engouement, pour les matériaux traditionnels et le développement croissant de l’électrification domestique. Avec la chaleur qui sévit dans la région du Gorgol, je sais que les demandes en énergies renouvelables vont s’accroître, ne serait-ce que pour l’installation de ventilateurs électriques et de clims ».

Koudy Abdoul Diallo, 23 ans, divorcée, mère de deux enfants, maçonnerie-terre : « après ma formation en maçonnerie-terre, j’ai été parmi ceux qui ont été retenus pour construire l’école de Dar-Salam, dans les environs de Kaédi. Cette expérience m’a permis de mettre en pratique les connaissances théoriques qui nous ont été dispensées pendant trois mois. J’ai surtout prouvé que la maçonnerie n’est pas simplement une affaire d’hommes et que les femmes peuvent bien s’en sortir, parfois mieux que les hommes. C’est le lieu ici de remercier l’UE et le BIT, à travers le PECOBAT, pour cette formation qui était inconnue parmi les branches enseignées au Centre de formation de Kaédi. J’ai eu la chance d’avoir été recrutée récemment avec quinze autres stagiaires formés pour travailler dans un nouveau chantier du PECOBAT à MBagne, dans la région du Brakna, cette fois comme maçon professionnelle. Ma satisfaction est d’autant plus grande que je dispose désormais d’un métier, qui me permettra de trouver un boulot sur le marché du travail, d’autant qu’il existe beaucoup d’entreprises du BTP dans les régions environnantes. Le seul problème, c’est que les entreprises doivent lever leur appréhension par rapport au recrutement des femmes dans un secteur considéré jusque-là réservé aux hommes. C’est l’un des aspects positifs de la vision qu’a eu le PECOBAT, en ouvrant des métiers comme la maçonnerie aux femmes ».

Ahmed Vall Ould Tourad,
34 ans, marié et père d’un enfant, formé en énergies renouvelables : « j’ai eu la chance d’avoir bénéficié de la formation en énergies renouvelables par le PECOBAT à Kaédi. Je suis venu à Nouakchott parce que je considère que les opportunités de travail sont plus importantes dans la capitale. J’ai déposé des dossiers auprès de plusieurs entreprises du bâtiment. J’ai des promesses d’embauche. En attendant, je fais le taximan pour faire vivre ma famille, avant de trouver du travail dans le BTP. Les énergies renouvelables constituent un domaine pas encore bien développé, mais c’est un métier d’avenir, car il s’agit d’un domaine en développement, même si c’est encore d’une manière timide. L’essentiel sur le marché du travail, c’est de disposer d’un métier et d’un diplôme professionnel. Je réfléchis d’ailleurs sur un projet personnel, car je pense qu’avec un capital de départ, je pourrais ouvrir ma propre petite entreprise d’installation en énergies renouvelables. Et c’est ce que le taxi pourra m’offrir. Je ne considère nullement avoir perdu du temps, en suivant la formation du PECOBAT à Kaédi. Au contraire, cette formation a été un grand plus dans ma vie et je compte en faire une profession dans l’avenir ».

Alassane Kébé, 23 ans, célibataire, énergies renouvelables ; « je fais partie de ceux qui ont été formés en énergies renouvelables par le PECOBAT à Kaédi. Je suis venu à Nouakchott pour poursuivre des études supérieures après ma réussite au baccalauréat. J’ai exercé un peu dans le domaine de l’énergie renouvelable avec un grand-frère que j’ai aidé dans quelques installations. Je compte profiter des vacances, si possible, pour exercer de nouveau ce métier. Pour le moment, je suis concentré sur mes études. Je suis cependant conscient que je dispose d’un métier qui pourra me servir, qui sait, après la fin de mes études. C’est pourquoi, je ne compte nullement perdre les compétences que cette formation en énergies renouvelables m’a permis d’acquérir. Je profiterais de chaque vacance, pour m’exercer dans l’installation de matériaux fonctionnant avec les énergies renouvelables. C’est un secteur en pleine expansion et la demande sur le marché est d’année en année plus importante. Je pense que cette filière a encore besoin de davantage de formation pour les jeunes Mauritaniens. Elle offre des débouchés certains, car le marché local en a besoin aujourd’hui et en aura encore plus besoin dans un avenir proche ».

Cheikh Aidara
https://ec.europa.eu/trustfundforafrica/all-news-and-stories/que-sont-devenus-les-jeunes-formes-par-le-pecobat-kaedi-une-annee-apres-avoir_en





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