Malheur continu de fonctionnaires Partout, l’impasse

mercredi 6 juin 2018
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Joindre les deux bouts ! Tel est le combat quotidien des fonctionnaires mauritaniens. Jeudi dernier, ils étaient des milliers à faire le pied de grue devant les guichets des banques, en quête d’avance sur salaire. Pourtant, trois jours auparavant, ils étaient aussi nombreux sur les lieux pour retirer ce qui leur restait de leur salaire du mois. Leurs fonds épuisés, il leur restait de trouver de nouveaux moyens pour honorer quelques engagements et boucler les dépenses pour le reste du Ramadan.
N’empêche ! Dans quelques jours, à l’approche d’El Fitr, ils seront encore plus nombreux à la recherche de nouvelles facilités d’octroi de prêts. Les enfants, mais surtout Mme attendent pour passer la fête.
En fait, les fonctionnaires n’ont pas assez de marge de manœuvre pour agir autrement. Avec ce qui leur reste d’un salaire sans cesse « charcuté » par les intérêts bancaires, il faut payer des dettes, notamment celles contractées auprès de boutiquiers et surtout auprès de personnes qui avaient été sollicitées financièrement lors de situations délicates. Il faut aussi régler les problèmes urgents du moment… Des dépenses multiples et presque insolubles. Parce que les charges sociales des fonctionnaires -notamment les responsables de foyers-sont trop nombreuses. Parce que le salaire du fonctionnaire mauritanien est relativement bas, le smic étant à 3500 N-UM et le salaire moyen à 7000 N-UM. Parce que le taux de chômage est très fort, avec 68% de chômeurs dans le milieu de jeunes âgés entre 18 et 35 ans. Parce que les coûts de la vie sont très élevés (hausse permanente des produits de consommation, du transport, des soins médicaux, des tarifs d’eau et d’électricité…). Parce que, la crise socio-économique internationale s’est installée en Mauritanie et que le régime en place a fermé « tous les robinets » instituant dans les faits une sournoise politique nationale d’austérité qui a amené l’Etat, unique bailleur de fonds national, à plomber la scène socio-économique nationale.

C’est une telle situation qui explique le malaise ambiant et ce profond sentiment de malvivre chez les fonctionnaires qui semblent avoir perdu tous leurs rêves : après avoir assisté impuissants aux détournements et à la mauvaise gestion des fonds publics, à l’exploitation abusive des ressources halieutiques dans des côtes considérées comme les plus riches au monde, ils avaient pourtant cru voir le ciel s’ouvrir à eux ! L’espoir de lendemains meilleurs était en effet revenu au milieu des années 2000 avec la découverte de nouvelles mines au nord du pays et dans la région de l’Inchiri, de gisements de pétrole et d’or ! Futilité ! Les lendemains furent davantage, douloureux. Une nouvelle fois, le partage s’est fait sans eux. Pauvres ils étaient, pauvres ils sont restés. Ultime espoir ces derniers mois, la découverte d’immenses gisements de gaz aux frontières maritimes avec le Sénégal ! A présent, les promesses d’une revalorisation du statut du fonctionnaire sont revenues. Mais cela ne semble pas intéresser ces derniers qui sont déjà persuadés que le partage des richesses se fera sans eux. Leur combat quotidien consiste à présent à trouver les moyens devivre, ou plutôt, de survivre. C’est ce qui explique pourquoi ils sont tous endettés.
Pourvu seulement que la situation ne flambe pas le jour où ils n’auront plus de recette pour boucler leur journée.

JOB





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