Les femmes de Mentfah et de Sori-Malé en Assaba assurent leur autonomisation grâce aux AGR du projet PRAPS en Mauritanie

dimanche 19 décembre 2021
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Situées toutes les deux sur l’axe Kiffa-Kankossa, à une douzaine de kilomètres de distance, les localités de Mentfah et de Sori-Malé ou Sourou Moli, dans la commune de Sani, département de Kankossa, ont bénéficié en 2020 de financements dans le cadre du volet « Activités Génératrices de Revenus (AGR) » du Projet Régional d’Appui au Pastoralisme au Sahel en Mauritanie (PRAPS-MR).

« Avant le PRAPS, les femmes de Mentfah étaient complètement désœuvrées, sans aucune activité rentable. La Coopérative RIDA fonctionnait à travers les modestes cotisations de ses 13 membres, soit 2.000 MRU mensuels » rappelle Oumou Kelthoum Mint Idoumou, présidente de la coopérative. D’ajouter plus loin, « en 2020, le PRAPS nous a octroyé un financement de plus de 2 millions MRO, ce qui nous a permis d’ouvrir une boutique de commerce (voiles, gaz butane, coussins artisanaux, etc.) et une boucherie ».

Mentfah, la localité dont dépendent plusieurs petits campements

Les habitants de Mentfah, environ 105 familles, sont d’anciens nomades qui se sont sédentarisés, après la perte d’une bonne partie de leurs troupeaux à la fin des années 90. Les hommes vivent de courtage, d’élevage et d’agriculture. La localité est aujourd’hui un centre vivant avec une école fondamentale multigrade et ses 5 enseignants, et un poste de santé servi par deux infirmiers.

« Nous n’avons jamais eu réellement d’appui de la part d’aucune organisation, avant le PRAPS. C’est vrai que le projet PASK avait financé un puits dont d’ailleurs le débit est faible. La vraie intervention, celle qui à nos yeux, est la plus importante que nous avons jusque-là reçu, c’est cette intervention du projet PRAPS à travers ce financement de plus de 2 millions d’anciennes ouguiyas octroyés aux femmes de la coopérative RIDA  » affirme Ikabrou Ould Mohamed Mokhtar Ould Chreif, le chef de village.

Des campements comme Legneiba, El Hila, Lemdheybah, Guidhéra et Bab Salam, entre autres, se ravitaillent aujourd’hui à Mentfah en denrées et en viande.
La coopérative RIDA possède ainsi une boucherie qui fonctionne un jour sur deux. « Les entrées sont satisfaisantes, ce qui nous permet de générer des bénéfices que nous redistribuons aux membres. Au passage, nous fournissons aux habitants de la localité et de ses environs en viande, bouteilles de gaz et autres objets comme les voiles et des coussins traditionnels » souligne Oumou Kelthoum.

Les femmes de la coopérative RIDA affirment sentir de l’épanouissement grâce à leurs activités. Pour l’instant, elles jouissent non sans fierté de leur autonomisation. « Nous remercions sincèrement le projet PRAPS pour ce financement qui nous a sorties réellement de la dépendance, et nous demandons d’avantage d’appuis pour prospecter d’autres horizons  » lance avec malice la présidente Oumou Kelthoum.

Une AGR qui profite à trois localités.

Trois localités, Sori-Malé 1, 2 et 3, situées les unes à côté des autres sur l’axe Kiffa-Kankossa, gèrent en commun le fonds de 1,5 millions MRO, que le projet PRAPS-MR leur a octroyé sous forme d’AGR.

« Grâce au financement du PRAPS, nous nous sommes lancés dans l’embouche bovine, la vente de bétail sur pied, en particulier les moutons et les bœufs, mais aussi le commerce et la vente du gaz butane » énumère Soultana Mint Taleb Ahmed, présidente de la coopérative « Khayar ».

Ce financement octroyé en 2020 par le PRAPS est considéré comme une aubaine par les femmes de la coopérative créée en 2015 à partir de fonds propres, sur la base des cotisations des membres.

Contrairement aux localités situées sur le même axe comme Mentfah, Sori-Malé a été créé en 1979 par d’anciens nomades qui se sont sédentarisé après la grande sécheresse des années 70. Les habitants, environ plus d’une centaine de familles, souffrent de manque d’eau potable. Le puits le plus proche est situé à un peu plus d’un kilomètre à l’est des localités.

Mentfah et les trois Sori-Malé font ainsi partie des 35 AGR que le projet PRAPS-MR a octroyé à 13 communes dans 5 départements de la Wilaya de l’Assaba, pour une enveloppe globale de 5.591.410 MRU. Au total, ce sont 953 femmes et 39 hommes qui ont bénéficié dans cette région du volet AGR du projet PRAPS-MR.
Mohamed Lemine, l’homme à tout faire de Sori-Malé

Aujourd’hui chef de village de Sori-Malé 3, Mohamed Lemine Ould Mohamed Ahmed, porte plus que ses 62 ans déclarés. Un bon jouvenceau, rigolard et généreux, mais un corps cassé de sexagénaire. Il est à la fois chef, éleveur et gardien du troupeau de la coopérative, serviteur des trois Sori-Malé, une seule famille éclatée en trois localités.

Ancien agent de l’Hydraulique, retraité depuis décembre 2019, Mohamed Lemine évoque ses années de Nouakchottois, quand il travaillait dans les années 78 comme chef de personnel à l’usine de carton. Puis, une formation de neuf mois à l’ENVEA de Kaédi en hydraulique, et l’embauche au Ministère de l’Hydraulique en 1981.

Depuis sa retraite en 2019, Mohamed Lemine est revenu chez les siens, à Sori-Malé ou Sourou Moli, selon l’appellation par les autochtones. « Nous n’avons jamais reçu de financement, à part celui octroyé par le PRAPS à notre coopérative  » témoigne-t-il. Ce financement a bouleversé, selon lui, la vie des habitants. «  Nous achetons et nous revendons du bétail sur pied. Rien que des mâles. Nous n’avons pas le temps, ni le droit, selon les termes de notre accord avec le PRAPS, d’élever des moutons, d’où l’absence de la moindre femelle dans le troupeau » affirme-t-il.

Les femmes transformatrices de cuir d’El Gharva au Trarza

Située à 42 Km de Rosso, sur l’axe menant à Nouakchott, Gharva est une petite localité au bord de la nationale. Le projet PRAPS y a financé une AGR au profit d’une trentaine de femmes et de jeunes filles spécialisées dans le cuir. Après une formation de 3 mois en 2019 à Boghé sur la fabrication de chaussures et de calepins en cuir, entièrement prise en charge par le projet, la formation a été dupliquée au niveau de la localité par les stagiaires.

De femmes au foyer et de jeune filles désœuvrées, le PRAPS en a fait des entrepreneurs vendant leurs produits dans le Trarza et dans d’autres régions dont Nouakchott, avec des bénéfices substantiels qui ont permis aux membres de la coopérative d’assurer leur autonomie financière.

Selon Asma Mint Abeidy, présidente du regroupement, « nous achetons la matière première, c’est-à-dire la peau des animaux, auprès des bouchers et des particuliers. Nous tirons de chaque peau, environ 5 chaussures que nous vendons, une fois travaillée, entre 500 et 600 MRU  ».

Elle et ses camarades qui l’entourent, assises sous un hangar au milieu de plusieurs variétés de chaussures et de calepins prêts à la vente, se plaignent de la rareté des acheteurs ces derniers temps. Elles souhaitent également que le PRAPS leur construise un lieu où elle pourrait recevoir la clientèle et exposer leurs produits.

«  Nous remercions toutefois le PRAPS pour son appui, notamment le métier qu’il nous a permis d’apprendre, mais aussi le matériel qu’il nous a fourni, ainsi que le financement avec lequel nous avons débuté nos activités  » a tenu à déclarer Asma.

Les AGR du projet PRAPS-MR en chiffres

Neuf Wilayas (les deux Hodhs, Assaba, Gorgol, Brakna, Trarza, Guidimagha, Tagant et Adrar), 39 départements et 97 communes de la Mauritanie ont bénéficié des 264 AGR distribuées par le PRAPS-MR, soit une enveloppe totale de 54.132.579 MRU. En tout, les AGR ont bénéficié à 14.377 personnes, dont 14.232 femmes et 145 hommes.

A partir d’une étude d’évaluation de performance des AGR sur un échantillon, il a été constaté que plus de 60 % des AGR financés par le PRAPS-MR, sont soit très performantes ou performantes tout court. Le taux d’échec reste marginal, environ 7%. Les boutiques et la gestion de frigos solaires viennent en tête des AGR financés, 43%. Suivent dans l’ordre décroissant, la boucherie (25%), puis l’embouche bovine (15%). Les autres activités occupent 17%.

Les AGR profitent aux couches les plus vulnérables, en particulier les femmes et les jeunes.

Cheikh Aïdara





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