Le gré-à-gré dans l’air du temps

mercredi 3 mars 2021
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La gabegie semble bien s’être installée dans les mœurs de nos administratifs. Elle est devenue une donne constante dans le fonctionnement du pays depuis l’arrivée des militaires au pouvoir en 1978. Seulement, elle a connu son âge d’or avec deux règnes, celui de Ould Taya et celui de Ould Abdel Aziz. Avec le « Marabout » elle est en train de revenir…
Les « gabégistes » ont ceci de particulier, qu’à chaque fois, ils n’y vont pas de mains mortes. Ils partent avec plein gaz sur le turbo. A chacune des occasions, l’Etat est morcelé en petits domaines distribués à des proches du président de la République, à des tribus ou attribués à des requins qui n’ont de compte à rendre à personne. Il suffit juste d’afficher son zèle dans l’exécution de "l’œuvre de purification" ou de signifier son allégeance au Prince, pour avoir carte blanche de disposer des biens de la communauté.
Le gré-à-gré, les projets fantaisistes et le plus souvent imaginaires sont financés à coups de milliards d’UM. De faramineuses ressources entières de la nation, destinées à garantir l’avenir des générations futures du pays ont été détournées. Plus grave, les généreux dons d’une communauté internationale souvent indifférente et parfois complice sont aussi dilapidés. Les biens de la Mauritanie sont jetés dans le gouffre sans fond de l’appétit des misérables qui, aspirant, tous, à devenir riches sans le moindre effort, rivalisaient « d’ingéniosité » dans l’exécution des dépenses publiques. Chacun y partait par son astuce, son « intelligence », ses coups fourrés. Seul le degré de cupidité était la frontière d’un horizon sans limites. De gigantesques fortunes furent faites sur le dos des pauvres populations qui devenaient chaque jour plus pauvres et plus nombreuses dans la crasse.
Ainsi, dans ce pays, l’on dit partout, que ceux qui n’ont pas eu à faire de bonnes études sous Ould Daddah n’auront rien appris et que ceux qui n’ont pas su s’enrichir sous Ould Taya ou sous Ould Abdel Aziz, mourront pauvres. D’où ces propriétés foncières acquises, ces comptes bancaires qui ont été ouverts à l’étranger, ces actions détenues par des Mauritaniens dans des grandes firmes étrangères. D’où aussi ces ministres d’un trimestre devenus des millionnaires, ces walis de six mois devenus des importateurs des produits de Chine, ces ambassadeurs et autres directeurs centraux devenus des courtiers sur des places boursières internationales, ces secrétaires généraux détenteurs d’actions dans des banques, ces colonels et officiers supérieurs devenus des milliardaires et des propriétaires de banques, de sociétés d’assurance, de boulangeries et de domaines fonciers, aussi bien urbains que ruraux, illimités. Les DG des grandes entreprises publiques et parapubliques faisant la pluie et le beau temps dans leurs villages, ces présidents de conseils d’administration détenteurs de troupeaux entiers et de domaines dans leurs contrées…
La sincérité et le dévouement, nous abhorrons. L’engagement sincère pour le pays, le patriotisme, nous ne connaissons pas. L’amour du pays et la préservation du patrimoine nationale, nous n’en voulons point. Il faut juste être cupide, un gros menteur, un sacré hypocrite, un fin tricheur, un voleur raffiné, un détourneur patenté et un cadre faisant de la mauvaise manière de servir, de l’abus du pouvoir et de confiance ses crédos pour être bien quotté, bien vu, bien noté et toujours promu aux postes les plus... juteux.
Et c’est peut-être ce que la bande de la Commission Nationale de Contrôle des Marchés Publics a voulu perpétuer en violant la réglementation en vigueur, en approuvant l’octroi d’un marché public d’un montant de 2.3 Milliards Ouguiyas MRO de gré-à-gré à la société OCP SENEGAL SA dont le capital ne dépasse pas les 40 Millions d’ouguiyas MRO. L’affaire soulevée par nos confrères d’Al Akhbar concerne la fourniture de 7800 tonnes d’intrants agricoles au Commissariat à la Sécurité Alimentaire (CSA). Selon nos confrères, un appel d’offre international avait été lancé avant d’être annulé et ensuite passer au gré-à-gré un peu plus tard. Lors de l’appel d’offre la Commission a violé la réglementation en vigueur en fixant les tarifs sur un marché d’importation de plus de 2 millions d’Ouguiyas MRU.
L’affaire est grave. Mais qui en parle ??? Naturellement, personne... Aucun grain de sable n’échouera sur "le mets". Mangez ! Mangez toujours ! Vous ne serez jamais dérangés !
Tant que les petits bourgeois de la gabegie, les gros poissons, de l’Institution et les « fils de grande famille » continuent d’être les maîtres absolus des ressources et des biens de l’Etat, ce sera ainsi : le silence autour de la gestion de la chose publique.
Oumar El Moktar





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