De la nécessité de revoir les salaires

jeudi 26 octobre 2017
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« S’il te plaît, cette fois, reste au moins avec moi, pendant une semaine ! ».
Cet appel est celui d’un fonctionnaire mauritanien qui s’adresse à son salaire, juste après l’avoir perçu à la fin du mois. En effet, la crise financière étant de plus en plus cruelle, les salaires des travailleurs sont désormais dépensés dès qu’ils sont perçus : une partie dans les dettes, une autre dans des dépenses obligatoires immédiates, et vlan, le compte est vide, les poches aussi.
Il faut remarquer que depuis quelques mois si ce ne sont quelques années, l’épargne ne se fait plus ; le salaire ne suffit plus à résoudre les situations du travailleur. Très souvent, il est totalement épuisé le jour même où il est perçu ! En fait, les charges des travailleurs sont nombreuses et le salaire est loin de les couvrir. Partant, presque tout le monde s’endette.
Mais le pire, c’est qu’aucune volonté de reconsidération du statut du fonctionnaire n’est perceptible, du côté du gouvernement. En fait, rien ne présage d’une reconsidération de ce salaire, à court ou même moyen terme. Et ce n’est certainement pas du côté des commerçants que la salut viendra.
Ces derniers, impassibles, et maîtres absolus du marché de l’approvisionnement du pays en produits de consommation, égocentriques et profiteurs, ils ne cessent pas de serrer les goulots d’étranglement contre les travailleurs ou plutôt, au vu et au su des Autorités !
Le pouvoir doit la savoir : l’impératif d’une reconsidération des salaires s’impose. Les temps sont durs. Surtout pour les agents subalternes. Cherchez le salaire du simple soldat, du policier du coin même revu à la hausse, de l’enseignant, de l’infirmière, du gardien de l’immeuble, du planton, et jetez un regard sur les prix des produits de consommation… vous vous étonnerez certainement de voir ces gens survivre, malgré des coups et contrecoups qu’il subissent.
La décision de revoir les salaires des fonctionnaires est une nécessité de justice sociale. Il n’y a pas de raison que les commerçants bénéficient d’égards dans le traitement de leurs affaires, que par ailleurs, les membres du gouvernement soient payés décemment, que les députés vivent gracieusement aux frais de la Princesse, alors que les petits employés, ceux qui se tapent le boulot à longueur de journée dans la poussière et la chaleur soient misérablement traités. L’infirmier qui fait face aux endémies et aux caprices insupportables des malades et qui risque sa vie dans un environnement très peu favorable avec des moyens de travail dérisoires et pour la plupart dangereux, ne doit pas continuer à être réduit à quémander auprès de ses patients pour pouvoir s’assurer le prix de son transport, à la fin de sa garde.
L’agent de sécurité ne doit pas se planter jour et nuit pour préserver la quiétude des populations et assurer la pérennité de l’administration, avant de se rendre chez lui, les poches trouées. Peut-il d’ailleurs assurer son service normalement quand il sait que sa famille ne mange pas à sa faim et n’est même pas soignée comme il se doit ?
Aujourd’hui, la décision de revoir les salaires des travailleurs est d’une importance capitale. Particulièrement, les salaires des laissés-pour-compte.

MOM





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