Lettre de Birame Dah Abeid à Ghazouani À Mohamed II, à propos du calvaire de Mohamed I
Saturday, 19 Sep 2026 20:00 pm

L'Authentique

Ce soir, j'ai décidé de t'écrire à propos de ton frère et de notre humanité.

Il y a quelques heures, j'ai parcouru des extraits de ce qui est présenté comme une lettre adressée par Mohamed Ould Abdel Aziz à Mohamed Ould Ghazouani. Mon âme en a été affectée, mon cœur s'est attendri, un sentiment d'impuissance m'a envahi et j'ai souhaité du plus profond de mon être pouvoir faire quoi que ce soit qui rapproche Mohamed, le destinataire, des sentiments de fraternité avec Mohamed, l'expéditeu.

Et pour la première fois de ma vie, depuis la création de l'Initiative pour la Résurgence du Mouvement Abolitionniste (IRA), j'ai ressenti l'importance d'occuper un poste élevé aux côtés d'un chef d'État ! Car ce poste aurait eu une utilité : après avoir lu les extraits de ladite lettre, j'aurais - certainement - demandé à rencontrer le Président, je lui aurais fait des suggestions, je l'aurais conseillé, j'aurais insisté auprès de lui avec insistance, et je l'aurais argumenté avec tout le respect qui lui est dû et que requiert la situation, jusqu'à ce Qu'Allah l'aide et le guide vers la maîtrise de sa colère et l'accomplissement du bien.

Mes sœurs et mes frères lecteurs, il n'y avait dans l'esprit humain et croyant qui m'a submergé à la lecture de la lettre de Mohamed I, aucun indice de brisure ou de faiblesse de l'homme, ni dans les mots, ni dans les lignes, ni entre les lignes. J'ai plutôt eu pitié de nous en tant qu'êtres humains qui vivons, et qui certainement tombons malades, faiblissons, devenons impuissants et mourons, nous en tant que croyants qui prions, jeûnons et sommes les lieutenants d'Allah sur terre, et qui n'oublions pas la bienveillance entre nous... Nous en tant qu'élite, sur les épaules de qui repose le devoir de relever notre patrie et de donner le meilleur exemple à ceux qui grandissent dans nos bras... Pourquoi Mohamed I commet-il des erreurs comme ses prédécesseurs en ont commises ? Pourquoi Mohamed II commet-il des erreurs comme Mohamed I les a commises ?

Pourquoi Mohamed I s'est-il obstiné à me priver d'un parti politique et d'une organisation de défense des droits humains pendant une décennie ? Pourquoi m'a-t-il emprisonné et diabolisé pendant de nombreuses années ? Pourquoi, sous son règne, la mère de Ehl Hbeil Samba et sa fille ont-elles été ciblées jusqu'à la fracture des os, la défiguration du visage et l'atteinte à la vue ? Pourquoi a-t-il utilisé contre moi les politiciens, les députés, les administrateurs, les officiers de police judiciaire, les juges, les journalistes et autres ? Comment a-t-il pu leur ôter liberté et indépendance au point que son successeur hérite de leurs cous dociles enchaînés pour les utiliser tous contre lui ? Comment Mohamed II peut-il utiliser les mêmes appareils avec la même cruauté et le même aveuglement contre ceux dont il suppose, comme son prédécesseur l'a supposé, qu'ils ne gouverneront jamais après lui ? À quoi bon concentrer la force de sa violence sur une partie dont il est désormais certain qu'elle n'accédera jamais au pouvoir ? Le Président sortant ne devrait pas être obsédé par la crainte de ceux qu'il a empêchés d'accéder au pouvoir, mais plutôt par la crainte de ceux qui hériteront du pouvoir après lui !!!

Pourquoi Mohamed II ne brise-t-il pas la chaîne, ne bouscule-t-il pas la misérable règle qui se renouvelle, et n'affranchit-il pas les cous du troupeau pour que celui qui lui succédera ne saisisse pas les cous de ce même troupeau pour le frapper d'un coup mortel, le soumettre à un àemprisonnement àcruel, lui infliger une implosion féroce et une humiliation sans précédent ???

Et enfin, ce qui brise le dos, Monsieur le Président Mohamed Ould Ghazouani, est ce qui suit : quelques minutes avant de lire la lettre de Mohamed Ould Abdel Aziz, j'ai lu une annonce de la famille des Chourfa Ehl Ghadda portant des photos du Chérif et homme d'affaires Bahiya Ould Ghadda ; cette annonce appelait à réserver un grand accueil digne de Son Excellence le Président Mohamed Ould Ghazouani dans la wilaya de l'Inchiri !!!

Et permettez-moi de conclure mon message à Son Excellence en lui demandant d'accorder sept minutes de réflexion, lorsqu'il se retirera ce soir dans son lit pour se reposer, et qu'il pense à la proximité de sept hommes parmi ses proches aujourd'hui qui pourraient se dérober à l'accueil de votre successeur attendu s'il s'acharne à le cibler, à le harceler et à lui ôter son argent, sa santé et ses chances de se soigner.

Biram Dah Abeid

Nouakchott, 18 septembre 2026. ************************** NB : Traduction non officielle