Référendum constitutionnel La majorité fait feu de tout bois, l’opposition se contente d’étincelles

mercredi 19 juillet 2017
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La grande marche de l’opposition du 15 juillet 2017 a vécu. Ne reste plus que quelques écrits résiduels encore pendants sur les files d’une actualité mourante, alors que les manifs sans interruption du pouvoir, qui fait feu de tout bois, ne se sont jamais taris. Piètre combat entre David et Goliath, entre une opposition en manque de souffle et un régime déterminé à faire passer ses amendements constitutionnels. Rien que dans la méthode et dans l’étendue des masses embrassées, la démarche des deux camps donne largement battue une opposition sans vision, ni tactique de jeu. Comme si elle se suffisait d’une simple action d’éclat avant de retomber dans sa léthargie. L’opposition risque de passer de nouveau à côté de la plaque, comme c’est le cas depuis le début de son bras-de-fer avec le régime de Mohamed Abdel Aziz. En fait, les erreurs cumulées du temps des Accords de Dakar semblent imprimer un cachet d’échec à un consortium opposant en perte de vitesse, aussi bien sur le plan des idées que sur celui du combat partisan.
D’actions d’éclat en actions d’éclat, les actions ponctuelles de l’opposition, qui réussit toujours de belles prouesses en termes de mobilisation, ne sont jamais capitalisées, pour être installées dans la durée, ni portées au-delà des limites de Nouakchott. Comme si le reste du pays était abandonné au pouvoir qui s’y promène avec allégresse. En fait, le discours de l’opposition, pourtant d’essence populiste, semble avoir été réservé à l’élite, laissant en rade un capital de colère national qui ne demande qu’à être cueilli, mais qui ne trouve pas hélas de preneurs, sauf…le pouvoir !
Bien sûr qu’il y avait foule, déboulant de toutes les artères au cours de cette soirée du 15 juillet 2017 où le Forum national pour la démocratie et l’Unité (FNDU), plus le RFD et quelques mouvements comme IRA et les Forces progressistes du changement, décidèrent de faire une démonstration de force. Une marche dont il ne reste plus que des images qui alimentent les souvenirs, avec un satisfecit moral pour les organisateurs. Et cela s’est arrêté là. L’approche est puérile et se répète d’année en année, sans résultat. L’on annonce un scénario du même type, aujourd’hui, mardi 18 juillet. Quoi après ? Mystère et boule de neige. Les têtes pensantes de l’opposition n’ont encore rien prévu pour la suite de l’histoire, sinon demander aux populations de rester chez eux, le jour du vote. Quel entrain ! Ceux qui pensent pouvoir bouleverser l’histoire politique du pays agissent avec une naïveté si déconcertante. En fait, la Mauritanie traîne depuis quelques années une opposition attentiste, qui croit que le pouvoir va lui être offert sur un plateau d’argent sans qu’un œuf ne soit cassé. Les exemples de bravoure illustrés ici et là sur le continent ne semblent nullement leur avoir inculqué la vérité toute crue qu’en matière politique, « il n’y a pas de cadeau » et que « les droits s’arrachent ». Mais, il faut des sacrifices, de l’engagement, de l’honnêteté et de la sincérité. Toutes vertus qui semblent absentes chez l’élite politique qui végète à la tête de l’opposition mauritanienne.
Pendant ce temps, un large boulevard s’ouvre pour le pouvoir. Meeting sur meeting, du Triangle de la misère aux fiefs anciens de l’opposition dans ce foyer de l’opportunisme qu’est la « Guibla », jusqu’aux tréfonds du Brakna, le pouvoir se promène, avec ses ministres, ses hauts fonctionnaires, ses généraux, ses troubadours et ses ouailles. Nul discours discordant ne vient ainsi perturber ses harangues solitaires. Depuis hier, le président Mohamed Abdel Aziz est venu donner de l’eau au moulin de ses supporters, avec une visite populaire à R’Kiz, tandis que le parti au pouvoir, l’Union Pour la République (UPR) réussissait une manif grandeur nature à quelques encablures de là, à Mederdra. Un à un, les bastions de l’opposition et du RFD d’Ahmed Daddah, tombent comme des noix murs. Ne reste plus qu’à celui qui avait conquis le Trarza, en 2007, que le souvenir d’un haro lointain, dont il ne reste que d’amères traînées blanches.
Cheikh Aïdara





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