Mauritanie : quel avenir pour le parti islamiste après la rupture avec le Qatar ?

lundi 12 juin 2017
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La crise diplomatique dans le Golfe, qui se manifeste à travers l’action du royaume d’Arabie Saoudite et ses alliés, tentant d’isoler le Qatar par tous les moyens, est entrée dans une véritable escalade ce vendredi, après la publication par Riyad et d’autres capitales arabes, d’une liste de 12 entités et 59 personnalités « liées à l’émirat par un programme politique suspect ».

Cette liste suscite une foule d’interrogations à Nouakchott. Même si le nom d’aucune personnalité ou entité mauritanienne n’apparaît sur cette liste, de nombreux observateurs à Nouakchott expriment la crainte de gros dégâts collatéraux sur le Rassemblement national pour la réforme et le développement (RNRD-Tawassoul, mouvance islamiste modérée).

Certains vont jusqu’à soulever le spectre d’une interdiction de cette formation après la brutale rupture des relations entre la Mauritanie et le Qatar.

Des rumeurs persistantes sur « la dissolution imminente » de cette formation ont même circulé à Nouakchott au cours des derniers jours dans un contexte politique difficile.

Ce qui a obligé les responsables du parti à une sortie médiatique pour rassurer les cadres, les militants, et plus généralement l’opinion publique nationale et internationale.

Le leader du Tawassoul, Mohamed Jemil Ould Mansour, a balayé toutes les allégations relatives à une dissolution du parti islamiste, d’un revers de la main. « Nous disposons d’un acte légal sous forme de récépissé délivré par l’administration.

Nos activités se déroulent conformément à la loi, aux règles démocratiques et dans le strict respect des conventions et codes de la société. Ces rumeurs sont sans fondement. Elles représentent tout juste une tentative de détournement du peuple mauritanien de ses véritables problèmes ».

Fondées ou dénuées de toute substance, les allégations dénoncées par le leader islamiste tirent leur origine d’une opinion très répandue à Nouakchott selon laquelle « Tawassoul » bénéficierait des largesses financières du riche émirat gazier du Golfe, ou alors d’une nébuleuse d’organisations caritatives opérant à partir de Doha.

Enfin, il faut souligner que Tawassoul, avec un total de 16 députés, est la première force de l’opposition parlementaire en Mauritanie. Une position à nuancer sachant que les dernières élections ont été boycottées par une grande partie de l’opposition dite radicale.

Par notre correspondant à Nouakchott Cheikh Sidya

Le360





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