La révision constitutionnelle et le 3ème mandat : Le prochain combat de l’opposition mauritanienne

vendredi 8 avril 2016
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La révision constitutionnelle destinée à ouvrir un large boulevard pour le 3ème mandat en Mauritanie semble prendre son envol, alors que l’opposition qui prépare une sortie musclée à Nouadhibou tente de regrouper ses forces pour la contre-attaque. C’est ce qui expliquerait sans nul doute, la rencontre qui a regroupé en début de semaine, Messaoud Ould Boulkheïr avec Ahmed Ould Daddah puis avec Salah Ould Hanana.

Officiellement, certains pans de l’opposition ont soutenu que rien de spécial n’est sorti des entrevues en début de semaine, entre Messaoud Ould Boulkheïr et Ahmed Ould Daddah, puis entre lui et Saleh Ould Hanana. A titre officieux cependant, certains croient que la révision constitutionnelle brandie par certains ténors du pouvoir aurait été au centre des discussions entre les trois hommes.
En effet, le président de l’Alliance Populaire Progressiste (APP) qui préside également la Coalition pour une alternance pacifique au pouvoir (CAP), aurait décidé de taire les dissensions qui l’opposent aux autres pans de l’opposition, en l’occurrence le FNDU (forum national pour la démocratie et l’unité) et le RFD d’Ahmed Ould Daddah. L’heure aurait été jugée de critique dans ce tournant dangereux de l’avenir politique en Mauritanie pour que les forces réactionnaires de la Nation n’unissent leurs efforts pour empêcher tout coup d’état contre la constitution.

Cette entrevue intervient surtout deux semaines après la longue entrevue que le président Mohamed Abdel Aziz avait accordée à Messaoud Ould Boulkheïr au palais présidentiel. Selon le chargé de communication du leader de l’APP, Mohamed Mahmoud Ould Bakar, cité par des sources de presse, Messaoud Ould Boulkheïr se serait entretenu avec le président Aziz sur les questions politiques prégnantes, en particulier le dialogue inclusif. Certains voudront ainsi que la rencontre entre Messaoud, Ahmed Daddah et Saleh Hananan ait tourné autour de la question du dialogue politique que Mohamed Ould Abdel Aziz souhaite vouloir organiser au cours du mois d’avril courant ou au plus tard, en mai 2016. Le leader de l’APP aurait ainsi exprimé à ses deux anciens camarades de lutte sa conviction que seul un dialogue politique sérieux et sincère pourra sortir le pays de la crise dans laquelle il se débat depuis des années.

Seulement, la démarche de Ould Boulkheïr intervient dans un contexte politique marqué par la décision prise par le FNDU, principal force de l’opposition, de rompre tout contact avec le pouvoir et sa majorité. Ce gel des relations entre les acteurs essentiels de la scène politique a été décidé par le FNDU en réaction à ce qu’il considère être comme une sortie provocatrice de certains membres du gouvernement, dont il réclame la démission avant tout rétablissement des contacts. L’opposition reproche aux ministres concernés leur appel ouvert à la violation de la Constitution et à ses règles fondamentales liées à l’alternance pacifique au pouvoir. Le FNDU reste tout aussi attaché à la réponse écrite du pouvoir par rapport à la plateforme qu’il lui avait présenté en 2015.

Certains observateurs trouvent ainsi que la crise politique en Mauritanie entre l’opposition dans sa globalité et le pouvoir de Mohamed Abdel Aziz risque de rester un dialogue de sourd. Non seulement, ils voient dans les sorties successives du ministre des Finances, de la Justice et du porte-parole du gouvernement, un appel clair pour un 3ème mandat présidentiel, mais la tournée actuelle du ministre de l’Intérieur dans les régions, prend de plus en plus l’ampleur d’un référendum circonscrit au niveau des administrations territoriales et des élus locaux.
Ainsi, partout où il serait passé, le ministre de l’Intérieur aurait exhorté les populations à réclamer un 3ème mandat pour Mohamed Abdel Aziz, donnant libre cours à des scènes surréalistes.

Ainsi, certains élus des régions orientales, notamment en Assaba, seraient partis loin en demandant l’intronisation de Mohamed Abdel Aziz comme « Commandeur des Croyants ». Ainsi, l’élite dirigeante au pouvoir aurait même commencé, selon certaines sources, à véhiculer l’idée que la Constitution n’est pas le Coran et qu’elle peut être changée par le peuple s’il le réclame.
Cette campagne qui se dirige ainsi, selon une certaine opinion, vers une révision constitutionnelle, alourdit le climat politique et aiguise les dissensions. Assez pour reléguer la question du dialogue aux calendes grecques et préparer le pays vers des lendemains incertains.

Cheikh Aïdara





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