La crise actuelle : énoncé de diagnostic et solution de sortie

lundi 29 juillet 2019
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RFD - I. Le RFD : Une vision politique juste et une force devant l’adversité

Le RFD a été fondé, dans un premier temps, sous la dénomination, « Union des Forces Démocratiques" (UFD), dans un contexte politique et social particulièrement grave.

Meurtrie, la Mauritanie vivait encore sous le choc des terribles secousses qu’elle avait vécues cinq années durant (1986 – 1991) et qui à ce jour affectent encore son unité nationale et sa cohésion sociale.

Dans son ensemble la sous-région était ensanglantée, ici et là par, des guerres civiles et des tensions ethniques et politiques.

C’est dans ce contexte que le président français, feu François Mitterrand fit , à conférence de La Baule, sa célèbre déclaration disant en substance que « la coopération française avec les pays africains sera désormais conditionnée par l’ouverture démocratique des pouvoirs en place ". Par ses effets, cette déclaration venait s’ajouter les multiples pressions internes réclamant hautes et fort ou discrètement l’avènement d’un régime démocratique et la fin du régime totalitaire.

Pour se soumettre à ses pressions sans pour autant renoncer au pouvoir absolu qu’il détenait, le Comité Militaire pour le Salut National ou CMSN et son président firent alors recours à ce qui s’avèrera par la suite une manœuvre dilatoire « élaborer une démocratie de façade ». Aussi, une nouvelle constitution fut-elle confectionnée à la hâte pour remplacer la Charte constitutionnelle conférant l’ensemble des pouvoirs entre les mains d’un groupe restreint d’officiers. La norme supérieure ainsi mise en place institua formellement le pluralisme politique et garantissait, en théorie, l’ensemble des droits et libertés démocratiques dans le respect de l’Etat de droit et des institutions républicaines.

Dans ce contexte, des élites mauritaniennes, issues d’obédiences politiques diverses - courants de gauche, nationalistes, libéraux, patriotes - décidèrent de fonder un parti politique unitaire, national, démocratique.

Cette formation apporta son soutien du président Ahmed Daddah, candidat à l’élection présidentielle de janvier 1992.

Après l’élection présidentielle, l’UFD fut rejoint par d’importants groupes de cadres et des dizaines de personnalités marquantes sur l’échiquier politique national qui avaient eux aussi soutenu la candidature de M. Ahmed Ould Daddah.

Les uns et les autres considéraient l’accession de celui-ci à la magistrature suprême comme le début d’une nouvelle ère, celle de la construction d’un État démocratique au sein duquel tous les citoyens mauritaniens jouiront de leurs droits politiques et économiques.

Alliant authenticité et modernité dans son projet politique, le président Ahmed Ould Daddah est perçu comme le seul dirigeant capable de rassembler le plus grand nombre de Mauritaniens .Son programme électoral énonçaient des réponses adéquates à leurs attentes, prenaient en charge leurs espérances pour le pays, leur souci de reconstruire l’unité nationale, mise à rude épreuve.

Fort de sa vision claire, de la riche diversité de ses composantes et de la crédibilité de sa direction, le parti traça une ligne politique qui tranchait nettement avec la voie suivie par le régime en place, dont les pratiques resteront contraires à la démocratie et aux règles de la bonne gouvernance. Le pouvoir militaire réussissant ainsi sa mue mué et affichait un masque démocratique de façade.

Tout au long de son parcours, le parti a enregistré des faits marquants de lutte politique et a consenti d’innombrables sacrifices qui resteront gravés dans la mémoire du Peuple mauritanien tout entier.

Une répression aveugle s’abattit contre lui dès la remise en cause de la criante fraude électorale entreprise à grande échelle lors de l’élection présidentielle de : quatre militants du parti furent froidement abattus ; plusieurs autres ont été grièvement blessés à Nouakchott et à Nouadhibou .Les militants et cadres du parti ont été frappées d’ostracisme administratif et fiscal.

Rien n’y fut.

Le parti est resté fidèle à sa ligne politique : un puissant bouclier contre la tyrannie, l’injustice et la mauvaise gouvernance.

Ceci étant rappelé, nous présenterons ci-après (i) les grandes lignes de la vision et des objectifs que s’assigne de réaliser le parti avant de (ii) faire dans un second point le diagnostic de la situation politique nationale actuelle et (iii) de proposer les politiques à même de sortir le pays de la crise multiforme dans laquelle il se débat.

La vision politique du Parti et les objectifs qu’il s’assigne de réaliser Dans sa déclaration de politique générale, le RFD a adopté les orientations et objectifs suivants :

Au niveau institutionnel et démocratique

Le parti a clairement affirmé son attachement aux principes et préceptes et s’est assigné la réalisation des objectifs ci-après exposés

-  réformer le système électoral pour que le citoyen puisse choisir, en toute liberté et transparence, ceux qui le gouvernent ;

-  édifier des institutions républicaines solides et crédibles ;

-  mettre en place un pouvoir judiciaire indépendant ;

-  bâtir une administration efficiente et neutre ;

-  ériger une école et une armée républicaines ;

-  instituer l’égalité des citoyens devant les services publics.

Résolution du passif humanitaire

Notre parti est convaincu de la nécessité d’apporter un règlement à ce dossier en ce qu’il constitue un priorité nationale majeure . Aussi a-t-il joué un rôle de premier ordre en vue d’ y apporter une solution juste et équitable, en appelant à :

-  la réalisation d’une enquête objective sur les faits

-  une indemnisation juste et équitable des victimes et leurs ayant droit

-  œuvrant à la réconciliation de la Mauritanie avec elle-même.

Ainsi notre pays dépassera sereinement ce douloureux épisode de son histoire dont les effets continuent, encore, à nous faire souffrir.

L’esclavage

Le RFD considère qu’il s’agit là d’une ignoble injustice à l’égard de franges de la société au niveau de toutes les composantes nationales, tout au long de notre histoire. La réparation de cette injustice doit être adoptée dans un cadre national, en vue de réaliser l’égalité et la justice sociale entre tous les mauritaniens et leur permettre de contribuer, efficacement, à l’émergence d’un pays où chacun puisse jouir pleinement de ses droits.

Il y a lieu de rappeler que le parti fut le premier à élaborer un programme économique, social et politique multidimensionnel visant à éliminer l’esclavage et ses séquelles dans notre société.

La préoccupation constante du parti par rapport aux conditions de vie des citoyens et la lutte continue pour leur amélioration

Les conditions de vie du citoyen sont restées une préoccupation constate pour le RFD. Il s’agit pour nous aussi bien du but que du moyen permettant de bâtir une société qui allie modernité et authenticité, au sein de laquelle le citoyen jouit de la totalité de ses droits politiques et économiques. Tout au long de son parcours, le RFD n’a cessé de lutter contre la hausse des prix, la démission du pouvoir devant la détérioration des conditions de vie des citoyens, menacés par la faim et la soif, le déficit criant en services publics, l’insécurité, la déliquescence de l’école et de la santé.

Afin de consolider ces valeurs et œuvrer à créer un consensus de la classe politique autour de celles-ci, et malgré les fraudes répétées et l’utilisation par le pouvoir des moyens de d’État à ses propres fins, le parti n’a cessé d’occuper tout espace démocratique disponible. Il ne se lassa jamais de dévoiler les pratiques du régime, notamment sa mauvaise gestion des ressources du pays et son mépris pour la misère quotidienne du citoyen.

Il n’était, par conséquent, pas surprenant dans ce contexte que le pouvoir eut recours à la dissolution du parti à la veille d’une manifestation de masse que ce dernier préparait pour protester contre l’établissement par le régime de relations avec l’entité sioniste, en 2000.

À cet égard, il y a lieu de rappeler certaines des raisons qui ont conduit à la dissolution de l’Union des Forces Démocratiques/Ere Nouvelle :

-  premier parti d’opposition à résister aux politiques du régime subversif, la majorité du peuple mauritanien, issue des différentes composantes nationales, a adopté le discours du parti, garant de l’unité nationale, de la sécurité et de la stabilité du pays, à même de jeter les bases d’une société juste et équitable. Pour le pouvoir, sa dissolution porterait le coup de grâce à toute l’opposition ;

-  la place centrale qu’occupe l’idée d’État dans le discours politique du parti et son plaidoyer constant pour l’application des idéaux républicains.

-  sa position de principe sur le rôle de l’armée et sa revendication de la remettre à sa juste place, en tant qu’institution républicaine, loin des tiraillements politiques, en vue de mener à bien sa noble mission, à savoir la défense du territoire national. En un mot, le parti s’est toujours élevé contre le fait que la démocratie ne soit qu’un masque que le régime arbore ou une toge qu’il porte, sans aucun impact sur la réalité quotidienne du pays.

-  La crédibilité acquise par le parti au niveau des forums internationaux, permettant d’entendre, désormais, la voix du Peuple mauritanien opprimé dans les enceintes internationales.

En bref, la dissolution du parti par le régime avait deux objectifs :
-  mettre fin à sa lutte politique qui devenait menaçante pour l’existence même du régime ;

-  exclure les dirigeants du parti, à leur tête le président Ahmed Daddah, de la scène politique.

Le rejet de la dissolution et la lutte pour arracher la reconnaissance du Rassemblement des Forces Démocratiques

Les militants du parti ont réagi à cette décision injuste, en organisant la lutte sur le terrain, au niveau médiatique et judiciaire dans les enceintes nationales et internationales (Commission Africaine des Droits de l’Homme) plusieurs mois durant. Lorsque le pouvoir eut été convaincu que son plan avait échoué, un groupe de dirigeants de l’UFD/Ere Nouvelle déposa une demande pour la reconnaissance d’un nouveau parti, dénommé « Rassemblement des Forces Démocratiques ».

Après une série de violents affrontements, nos militants réussirent à pénétrer dans le bâtiment du ministère de l’Intérieur, où ils organisèrent un sit-in ouvert, entraînant des négociations houleuses qui ont abouti à l’octroi par le pouvoir d’un récépissé de reconnaissance du parti, le 11 juillet 2001.

Il est important de noter que lorsque les élections sont relativement transparentes, le parti récolte d’importants résultats aux niveaux municipal et législatif ou présidentiel (2006/2007 où il fut chef de file de l’opposition). Certes, le parti n’a jamais pu accéder au pouvoir eu égard aux obstacles que les régimes dictatoriaux n’ont cessé de lui mettre. C’est ainsi qu’il a toujours été confronté au pouvoir et aux moyens de l’Etat.

En dépit de ces énormes défis, le RFD a été en mesure de réaliser un grand exploit, à savoir la consolidation des valeurs et idéaux de la démocratie et la lutte pour la préservation de l’unité nationale et la promotion de l’égalité. Le parti s’est également toujours érigé contre la manipulation des élections et l’instrumentalisation des institutions de l’État. Ce discours est aujourd’hui largement partagé au sein de la classe politique, à telle enseigne qu’on en retrouve l’esprit partout.

II. Les graves défis qui interpellent actuellement notre pays

A la veille du départ de Mohamed Ould Abdel Aziz du pouvoir, voici les principaux défis auxquels notre pays est confronté :

-  une unité nationale en état de fragmentation, jour après jour ;

-  la séparation accrue et l’aversion affichée entre les différentes composantes nationales, voire même au sein de chaque composante, l’émergence d’appels publics et répétés à la guerre civile, le tout couronné par la manipulation politique et médiatique entreprise par le pouvoir en vue de raviver les conflits étroits à caractère ethnique,tribal et régional ;

-  une grave crise politique qui se manifeste à travers :

 la manipulation de la constitution et des symboles du pays

 l’entame de la crédibilité des institutions de l’État,

 le mépris à l’égard des partis et de leurs dirigeants, le non-respect du rôle constitutionnel qui leur est assigné ;

-  une profonde crise économique et sociale

Afin de pouvoir piller,de façon systématique, les ressources du pays, le régime s’est mis à ôter toute crédibilité aux comptes de l’État au niveau de la Banque Centrale, du Trésor Public et de l’Office National des Statistiques. Aussi, pour s’informer sur la réalité du pays, on ne dispose plus que de données contenues dans des rapports étrangers ou par le prisme de situations visibles pour tous, à l’instar des exemples suivants :

-  l’endettement qui atteint plus de 100% du produit intérieur brut ;

-  l’effondrement du système bancaire ;

-  la volonté manifeste de mettre en banqueroute les institutions publiques afin de masquer les malversations qu’elles subissent ;

-  l’opacité totale dans l’octroi des marchés publics, accordées sur une base clientéliste ;

-  les contrats suspects à long terme,engagés dans tous les domaines ;

-  la mainmise sur les richesses et les avantages en faveur d’un groupe restreint ;

-  l’effondrement du système éducatif ;

-  la situation désastreuse du secteur de la santé du fait de la faiblesse des services et de leur coût ;

-  les défis sécuritaires : l’insécurité que connaissent les villes et les campagnes mauritaniennes, en particulier Nouakchott révèle l’échec retentissant des approches sécuritaires dont se vante le régime. Ce dernier demeure, en effet, incapable de bâtir ni un appareil sécuritaire à même de faire face à cette situation dangereuse, ni un système judiciaire juste et indépendant. Il n’accorde non plus aucune attention à la situation des délinquants mineurs, afin de les empêcher de s’adonner au crime.

Il ne fait aucun doute, par ailleurs, que les relations tendues que ce régime entretient avec les pays voisins constituent un facteur supplémentaire de l’absence de contrôle sur nos frontières, ce qui contribue à la propagation du crime organisé.

III. Comment sortir de cette crise ?

Créer un climat général pour la réconciliation nationale

La sortie de cette crise requiert la rupture totale avec les pratiques des dix années du règne catastrophique qui s’achève, et le lancement immédiat des réformes suivantes :

-  adopter de véritables valeurs et pratiques démocratiques : séparation des pouvoirs, indépendance de la Justice, sortie de l’armée du champ politique, réforme du système électoral.

-  mettre fin à la gestion individuelle de l’État et adopter une bonne gouvernance,en mettant l’accent notamment sur la répartition équitable des richesses nationales et l’égalité entre les citoyens devant les services publics et l’accès aux fonctions administratives ;

-  réhabiliter les symboles fondamentaux de l’Etat : son drapeau et son hymne historiques qui ont été sabotés ;

-  respecter le rôle des partis politiques et de leurs droits inscrits dans la Constitution ;

-  mettre au clair :

 la situation des comptes de l’État et procéder à leur audit au niveau du Trésor Public, de la Banque Centrale et de la SNIM ;

 les conditions de mise en banqueroute d’entreprises publiques, tel que la Sonimex et d’autres ;

 les transactions suspectes menées dans le secteur de la pêche et des infrastructures ;

-  Mettre fin, immédiatement, aux poursuites judiciaires à l’encontre des sénateurs, des syndicalistes, des journalistes et des hommes d’affaires.

Il est évident que la réalisation de ces objectifs nécessite une consultation nationale sérieuse entre les protagonistes politiques,pouvant sortir le pays de la situation tragique dans laquelle il se débat.

Nouakchott, le 25 Dhi Al Quid’a 1440 – 28 juillet 2019





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