L’après-Aziz enflamme déjà la lutte successorale

lundi 20 juin 2016
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Depuis que le président Mohamed Abdel Aziz a déclaré qu’il « n’a jamais dit vouloir modifier la constitution » - termes qui signifient pour certains, un départ définitif du pouvoir au terme de son second mandat en 2019- , les cartes se sont embrouillées au sein de sa majorité. Le départ « annoncé » de l’homme sème en effet la panique au sein d’une constellation de satellites dont la chute galactique pourrait être provoquée par l’extinction quasi certaine du « Pôle » gravitationnel. La guerre fait ainsi rage au sein du cercle du pouvoir, pour la succession au trône, si ce n’est la course divinatoire vers le probable prochain maître à suivre.

La bataille fait rage au sein des cercles du pouvoir depuis la dernière sortie de presse du président de la République où il a affirmé en substance qu’il n’a jamais dit qu’il va modifier la constitution mauritanienne. En effet, pour nombre des partisans de l’homme fort du pays, le président de la République ne compte pas se représenter pour un troisième mandat. Et ce serait particulièrement dans le cadre d’un nouveau jeu de positionnements que rien ne va plus au sein de la majorité présidentielle. C’est ainsi dans ce cadre qu’il faudrait placer le bras-de-fer entre les Sénateurs frondeurs d’une part et le gouvernement et l’UPR de l’autre.

Une situation tout simplement inimaginable si la fin du pouvoir de Mohamed Abdel Aziz ne constituait pas un fortifiant assez puissant pour signer déjà les prémisses d’un désarrimage latent. Ainsi, ce ne serait pas tout simplement la déclaration de Néma sur la suppression de leurs charges qui serait directement en cause dans la fronde persistante des sénateurs de l’UPR et de toute la majorité, encore moins la sortie dissidente d’une partie de leur propre camp à leur égard.

Mais bel et bien, le fait que d’ici trois ans au maximum, ils n’auront plus de compte à rendre aux cercles de ce pouvoir-là, mais probablement à leurs successeurs. Si l’opinion semble jusqu’à présent indifférente aux intrigues de palais qui se déroulent dans les coulisses, ce n’est pas pure ignorance, les spécialistes des croche-pieds politiques ainsi que les proches des hautes sphères ne sont pas dupes. Le compte à rebours pour la prise de la « Bastille présidentielle » aurait bel et bien commencé, sans que les cartes des jeux n’échappent ni totalement ni en partie à Mohamed Abdel Aziz, ni à l’armée qui veille au grain.

Beaucoup au sein du pouvoir restent ainsi persuadés que la distribution des prochaines cartes se concoctera dans les cuisines intérieures du palais présidentiel. La fronde actuelle des sénateurs ne serait dans ce cadre que l’une des facettes de cette bataille de positionnement. Nombreux sont ceux qui sont aujourd’hui persuadés que, derrière cette fronde se cachent des « tireurs de ficelles invisibles ».

C’est ce que l’on appelle, outre-mer, la « guerre des tendances » au sein du pouvoir. Les Sénateurs viennent ainsi de déclarer dans un communiqué que leur fronde n’est pas prête de s’éteindre, « sauf si les causes qui les ont créées sont résolues ». Il s’agit pour eux d’amener le président de la République à surseoir à son projet de dissolution de leur chambre et à prononcer le limogeage des ministres qui ont battu campagne contre eux, mais aussi de mettre fin au mandat du président de l’UPR et de son staff qui a entrepris contre eux une campagne de dénigrement.
Les observateurs sont persuadés que derrière les prétextes apparents des Sénateurs se cachent en réalité une sourde bataille des courants antinomiques qui minent la majorité dont l’unité apparente ne serait que pure façade.

Une sorte de chantage fomentée par les tenants de la Chambre des « Lords mauritaniens », pour garantir leur pérennité après l’ère Aziz ou leur recasement spatio-temporel dans les arcanes du pouvoir une fois leur planque douillette rangée aux oubliettes de l’histoire.
L’idée dominante reste cependant cette frénétique bataille des héritiers qui met à nu la fragilité du système politique mauritanien relatif à la conservation et à la transmission du pouvoir.

Ce système rédempteur qui explique les intrigues par lesquelles se font et se défont les partis au pouvoir en Mauritanie lesquels, sitôt leur fin annoncée, voient leurs ouailles s’éparpiller aux quatre vents à la recherche de la prochaine prairie aux opportunités. Le dilemme est assez profond entre les jeteurs de cauris qui ne savent s’il faut encore faire plus d’allégeance à Mohamed Abdel Aziz, persuadés qu’ils sont, que ce dernier détient les cartes de la distribution politique à venir, ou s’il faut chercher dans le cercle de l’opposition, le prochain successeur, en cas de transparence forcée qui accompagnera l’élection présidentielle en 2019.

Pour autant, la présente bataille politique occupe si intensément le pouvoir et sa majorité, qu’elle semble avoir rejeté dans les ornières un dialogue politique national que Mohamed Abdel Aziz avait pourtant prévu d’organiser au plus tard au mois de juin courant..

Cheikh Aïdara





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