Grogne des sénateurs : Finie la récréation

vendredi 1er juillet 2016
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Les mouvements de grogne voire de mécontentement des sénateurs n’est plus. Depuis le f’tour de dimanche dernier organisé en leur honneur par le chef de l’Etat au Palais présidentiel, les sénateurs frondeurs ont décidé de taire leurs divergences et de se ranger.

Les sénateurs sont finalement rentrés dans les rangs. Le président de la République en a décidé ainsi et les rideaux sont tombés. Il a finalement fallu l’intervention du président Ould Abdel Aziz pour voir la situation se décanter. En effet, auparavant, la majorité présidentielle avait frôlé le pire, avec des dissensions qui allaient chaque jour crescendo.

Au départ, c’était une grogne qui a vu jour après que les Sénateurs aient appris – en même temps que tout le monde- dans le discours du président de la République à Néma que les populations seront interrogées sur la nécessité ou non de conserver le Sénat. Pour d’aucuns, il s’agissait de la mort programmée de cette chambre puisque le président de la République s’était d’emblée prononcé à propos, invitant les populations à voter pour la suppression de cet hémicycle. Et très vite la stupéfaction et la grogne des élus devaient se transformer en colère.

Dans la foulée d’une campagne d’explication du discours présidentiel, des ministres du gouvernement, allaient en effet s’en prendre aux sénateurs avec une verve particulière, allant jusqu’à comparer la haute chambre à un « gouffre financier inutile ». Prenant le pas du gouvernement, l’UPR ira de sa campagne de sensibilisation auprès des populations, soutenant en substance que le pays irait mieux sans cette chambre. Jusque-là supports d’un État qu’ils accompagnaient en votant tous les projets de loi soumis à leur approbation, les Sénateurs se sentaient subitement comme des indésirables.

En réaction, ils décidèrent de boycotter les ministres qui devaient les rencontrer pour défendre les textes de loi relatifs à chacun de leur Département. Une crise, la première dans l’histoire de cette chambre, était née au sein des acteurs même de la majorité. Elle devait davantage s’empirer après que le président de la République se soit abstenu d’entrer en jeu. Conscients de l’impact de leur action dans le fonctionnement du gouvernement, les sénateurs devaient relever la barre plus haut, en exigeant le départ du gouvernement des ministres qui les avaient mis à l’index, mais aussi, celui du président du part Me Ould Maham. Pour calmer le jeu, ce dernier devait d’ailleurs les inviter à deux reprises dans des discussions, en vain.
La situation allant de mal en pis avec des sénateurs qui cherchaient à amener le président de la République à se dédire, le cas contraire, à leur assurer de lendemains meilleurs au cas où le référendum était maintenu, le chef de l’Etat a fini par agir. Son action était d’autant plus urgente que le sommet de la Ligue arabe pontait déjà à l’horizon qui exigeait un tant soi peu de calme et de sérénité dans le pays.

Ainsi, la grande retrouvaille a eu lieu dimanche dernier au Palais présidentiel.
Dans le courant de la journée, le président avait reçu à deux reprises, le président de l’UPR à qui il a délégué des pouvoirs particuliers : Ould Maham devait recevoir les hôtes à l’entrée du Palais présidentiel et les occuper en attendant l’heure du F’tour. Comme attendu, à 19 heures, les hôtes arrivaient, d’abord le Premier ministre, ensuite le président du Sénat puis les sénateurs dans leur quasi-totalité. Un absent de taille sera remarqué : il s’agit de Moulaye Ould Mohamed Laghdaf, ministre secrétaire d’État.

Peu avant le couper, le président de la République se présentera, le temps de quelques salamalecs puis d’un rapide cocktail, le voilà discourir. Revenant très brièvement sur son projet de referendum, le président de la République devait surtout insister sur l’impératif d’une union autour du parti : « pour des raisons statuaires, je ne peux pas diriger l’UPR ; j’y ai placé quelqu’un cependant qui me représente et à ce titre, il doit bénéficier de votre soutien » dira-t-il d’emblée ».

Parlant de sorties de ses ministres, le président reconnaitra en substance que certains d’entre eux ont été maladroits. Il sollicitera toutefois l’indulgence de son assemblée, s’engageant à ne rien ménager pour conserver et renforcer les liens entre les militants du parti. Après avoir remis chacun de ses hôtes en confiance, le chef de l’Etat devait leur demander de répondre à l’invitation de F’tour qui leur avait été faite auparavant par le président du parti prévu ce jeudi. Forts des assurances de leur hôte, les sénateurs devaient prendre, chacun la parole, l’occasion de signifier leur soutien au président de la République et d’exprimer leur entière disponibilité au parti.

Ainsi, comme nous l’avions souligné lors de nos précédentes éditions, il fallait que le maître du jeu entra en scène, pour que la crise des sénateurs prenne fin. Reste cependant à savoir quelles assurances Ould Abdel Aziz a données aux sénateurs pour les amener à se ranger ?!

MOMS





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