Élections de 2019 : d’où viendrait le « bon » Président ?

vendredi 26 mai 2017
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De la majorité ?

Bien évidemment, diront certains. Peut-être, mais pas si évident que ça. La majorité qui gouverne aujourd’hui a subi biens des secousses internes qui font qu’il lui est désormais difficile de faire réélire son véritable leader, Mohamed Ould Abdel Aziz, ou de lui faire substituer un de ses fidèles, civile ou militaire, sans écorcher ouvertement la Constitution.

Surtout que l’UPR, la principale machine électorale, est minée par les guerres d’intérêts et de leadership, qui ont marqué son histoire récente, affaibli son unité et réduit son audience.

En effet, les péripéties de la longue marche vers un dialogue « impossible », les conséquences négatives qu’elles ont pu avoir sur les alliés venus de l’opposition démocratique, la fronde des Sénateurs et, comble de la catastrophe, le référendum en vue avec les risques qu’il fait peser sur l’ensemble du système.

Ce référendum, qui prend de plus en plus les allures de « Hnech Mint Stayli » (le serpent de Mint Stayli), met en cause les symboles et l’histoire de la Mauritanie, dont les autorités actuelles sont peu fières, leur substituant une « histoire nouvelle, écrite de nos propres mains » et à laquelle, peu de Mauritaniens semblent s’identifier.

Tout un programme, qui risque de porter un coup, un de plus, au reste de l’unité nationale, et particulièrement au sein de sa composante Arabe. A cet ensemble de difficultés s’ajoute la question de l’ »intendance » qui s’avère difficile à résoudre, dans la mesure où les caisses de l’Etat sont de plus en plus inopérantes pour financer la future campagne.

L’autre ressource, traditionnelle, de soutien des campagnes électorales où l’Etat est candidat, c’est-à-dire la « générosité » du Président sortant, les hommes d’affaires et Chefs coutumiers, ne se porte pas mieux.

La morosité du climat des affaires, l’éviction du Patron des Patrons, la mévente des matières premières, la pression fiscale et surtout le risque de l’échec aux élections, plus probant que par le passé, font hésiter plus d’un donateur. Les « frères » du Golf sur lesquels nous comptons habituellement en pareilles circonstances, ont d’autres priorités, notamment l’opération « El Hazm » au Yémen, où notre légion, pourtant programmée, tarde à venir.

Quant à l’Union Européenne et le système des Nations Unies, la situation des droits de l’homme et le peu d’avancées démocratiques qu’enregistre le régime actuel, pourraient constituer un handicap pour soutenir un candidat, qui poursuivrait la même politique. Reste le recours à la, désormais traditionnelle méthode militaire, qui consiste à contourner les urnes.

Cette hypothèse est toujours possible, mais compte tenu de son caractère illégal et imprévisible, ne peut être envisagée comme solution aux problèmes actuels du pays.

De l’opposition démocratique ?

C’est logique, diront les…opposants. Mais l’opposition démocratique se porte-t-elle mieux que la majorité Présidentielle actuelle ? Peut-être, mais pas au point de pouvoir la battre au premier round.

Cette opposition, reconstituée, en grande partie, sur les cendres des mouvements politiques des années 70 du siècle dernier, « blanchis » via le FDUC et la défunte UFD, n’a pas suffisamment résisté aux tirs croisés des pouvoirs de Ould Taya et de Aziz, de la montée des courants communautaristes « libérés » par l’instauration du multipartisme et la liberté d’expression ainsi que des conséquences des événements de 1989, qui ont consacré la division entre Arabes et Négro-africains.

De telle sorte que chaque tribu, chaque canton, chaque communauté, a tendance à avoir son parti politique, au même titre que ses avocats, ses fours ou ses pharmacies. Dans un tel climat le nombre de partis augmente, mais au détriment de l’unité et de la force de l’opposition.

C’est cette opposition démocratique, balkanisée, satellisée, qui s’apprête à aller, en rangs dispersés, aux élections Présidentielles de 2019, alors que ses chances de présenter un candidat commun et de le faire élire passent, nécessairement, par la reconstitution de son unité, au moins tactique, au tour d’un programme politique commun et une stratégie électorale commune.

Ni le FNDU, ni le RFD, ni l’APP, ni Sawab et encore moins, l’AJD ou El Wiam, ne sont capables, pris individuellement, de battre aujourd’hui un candidat soutenu par le pouvoir. Le seront-ils, une fois d’accord entre eux ? C’est probable.

La question, cruciale, qui se pose est donc de savoir si les leaders de ces partis seront capables de transcender leurs égoïsmes et ambitions personnels, pour « offrir » ce cadeau à leur pays et à leur peuple ?

Des communautés ethniques ?

Ce serait une régression par rapport à la démocratie, diront les politiques. Sauf si les communautés en question décidaient de s’unir pour élire un Président démocrate et bâtir une Mauritanie nouvelle. On n’en est pas encore là. Quelles sont, alors, les chances pour chaque Communauté d’élire un Président ?

Les Bidhanes,

dont je soustrais (je n’exclus pas) les Haratines. Cette communauté, qui contrôle présentement des moyens de l’Etat, est capable de faire élire (voir reconduire) un candidat à la Présidence, bien que passablement minée par des questions liées à son histoire, à ses origines (Arabes/Berbères), mais aussi aux choix politiques : le Nord et l’Est, terreaux traditionnels des « gens du fusil » (Ehel Limdavi3) sont plus proches des militaires que le reste du pays.

Un tel Président, qui n’aurait pas été soutenu par les autres communautés (notamment celles de la Vallée) et qui ne serait pas porteur de changement, puisque c’est quasiment le cas aujourd’hui (Kaaw, ente Vem ?), pourrait-il gouverner le pays dans la paix et la sérénité ?

Les Haratines,

que j’évite de « noyer » dans l’ensemble Bidhanes, même si une partie importante de leur Communauté ne se considère pas comme une entité distincte de ceux-ci. La démographie, l’organisation, je devrais dire, les organisations, le nombre de cadres et d’intellectuels, l’expérience de l’Administration et de la gestion des affaires publiques, donnent aux Haratines toutes les chances de présenter et de faire élire un Président démocrate en 2019.

Leur candidat devrait bénéficier du soutien massif des Bidhanes, (face au péril « noir »), d’une partie non négligeable de l’électorat Négro-africain, de l’appui de la communauté internationale, fortement engagée ces dernières années pour mettre fin au phénomène de l’esclavage et de ses séquelles en Mauritanie.

De plus, l’élection d’un Président Hartani, ouvrirait à la Mauritanie de nouvelles opportunités sur les plans diplomatique et économique, au niveau international et inaugurerait une Ere de paix et de justice sociale, dont la Mauritanie et les Mauritaniens ont bien besoin.

Car, l’élection transparente, d’un Président Hartani, constituerait un « mea culpa » des anciens (et actuels ?) maîtres d’esclaves et une excellente réponse aux attentes de la communauté internationale et de tous les démocrates Mauritaniens.

La communauté Négro-africaine,

avec ses trois composantes : Peuls, Soninkés et Wolof. Cette communauté dispose, autant que toutes les autres, de Cadres et intellectuels, capables de diriger le pays.

Mais pour pouvoir présenter un candidat, qui ait des chances d’être élu, elle devrait vaincre les questions du nombre d’électeurs, avec la probabilité que peu de Bidhanes voteraient pour lui, ainsi que celle des moyens, sachant que ceux de l’Etat lui seront inaccessibles et que l’aide extérieure serait prohibée.

Reste la cagnotte Soninké, un trésor de guerre (contre les frontières), qui se développe à vue d’œil, (Masha Allah) mais qui a la réputation de ne prêter qu’aux riches.

A suivre…

Ahmed Ould Mohamed

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