Dialogue inclusif :A quoi « joue » Ould Abdel Aziz ?

mercredi 26 octobre 2016
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Le président Ould Abdel Aziz ne briguera pas un troisième mandat ! C’est ce qu’il a affirmé au grand dam de ses partisans qui voulaient le voir franchir le pas en passant outre la constitution. Loin de fermer le débat sur l’alternance au pouvoir, cette sortie a au contraire ravivé les commentaires amenant nombre d’observateurs à se poser des questions sur les véritables intentions du chef de l’État.

En déclarant qu’il ne briguera pas un troisième mandat au terme de son second mandat qui prend fin en 2019 et qu’il ne modifierait pas la constitution en sa faveur, le président Ould Abdel Aziz a pris tout le monde de court.
72 heures après sa sortie lors de la clôture des assises du dialogue national, les commentaires vont toujours bon train sur les intentions réelles de l’homme. Est-il sincère ? Y a-t-il été forcé ? A-t-il d’autres cartes à jouer pour conserver ce pouvoir qu’il a acquis il y a 11 ans, à la force des armes et au sacrifice de sa vie ?
Même s’ils tentent de le croire sur paroles, tous les observateurs sont d’avis que si le président avait prononcé le discours du jour avant la tenue du dialogue, il parviendrait à inviter toute la classe politique autour d’une même table, à ce dialogue. Et pourquoi alors n’y était-il pas prêté, lui qui n’a rien ménagé pour assembler toutes les forces politiques ?
« C’est donc parce qu’il n’est pas sincère qu’il ne s’est pas prononcé avant le dialogue ». C’est du moins ce que croient des observateurs, qui comparent la situation politique actuelle à celle qui a sévi dans le pays en 2007 lorsque le président Ely Ould Mohamed Vall avait tenté de prolonger la transition en proposant, in fine, au peuple de voter Blanc au referendum. Opposée à cette perspective, à l’époque, l’aile dure du CMJD devait contraindre le chef de l’Etat de l’époque, à revenir sur ses propositions, moins de six heures plus tard. Dans une adresse au peuple, celui-ci annoncera la suppression du bulletin Blanc et la fin programmée de sa transition.
Autre temps, même scénario… Ces derniers mois, après avoir préparé l’opinion à un éventuel troisième mandat, envoyant des membres du gouvernement aux charbons et laissant son ministre, porte parole de ce gouvernement à se lancer dans des annonces à propos, le président Ould Abdel Aziz aurait fini par constater que son projet de conserver le pouvoir au terme de son second mandat, ne passerait pas. Non seulement aux yeux des populations et de sa jeunesse de plus en plus encline à s’organiser pour contrer ce projet, mais aussi devant l’opinion internationale et devant les forces armées. Et ce seraient ces dernières qui lui auraient finalement « conseillé » de se résigner à la déclaration du jour.
Seulement, pour qui connaît l’homme, il ne peut le voir lâcher le pouvoir. D’abord parce que Ould Abdel Aziz considèrerait celui-ci comme sa « propriété « depuis qu’il l’a arraché des mains de Ould Taya. Après l’avoir « confié » à Ely Ould Mohamed Vall en 2005, il le « cédera » en 2007 à Sidioca. Et quand ce dernier l’a limogé pensant pouvoir jouer son rôle entier de président de la République, Ould Abdel Aziz, le remettra sur les rails, rappelant qu’il était le maître effectif des lieux. L’homme a eu le temps d’observer et surtout, de connaître les rouages de l’Etat et le fonctionnement de celui-ci. Depuis, il garde ce pouvoir pour lui, et pour lui seul.
Abandon
Quand on le prend au mot, Ould Abdel Aziz quitterait le pouvoir en 2019… Que ferait-il alors de sa vie, lui qui serait encore relativement jeune avec moins de 60 ans d’âge, et qui aura surtout, entre autres, un gigantesque patrimoine et des intérêts vitaux à préserver ? Accepterait-il de livrer le pays à de tierces personnes, lui qui, même dans son dernier discours, a répété sa phrase fétiche, qui l’amène chaque fois à dire : « je ne permettrais jamais l’anarchie et je sévirais durement contre tous ceux qui seraient tentés de freiner la promotion de ce pays » ?
Ne serait-ce que pour ces considérations, l’homme n’abandonnerait pas le pouvoir aux mains de « n’importe qui », surtout pas à ses adversaires, et encore moins, à ses ennemis.
D’ailleurs, une première perche lui est ainsi tendue par les conclusions du dialogue inclusif qui prévoient le renforcement de ses pouvoirs. Celui-ci est contenu dans l’une des clauses des amendements constitutionnels qui lui offre le droit de convoquer unilatéralement un referendum. La formule introduite, lui permet de concilier entre le respect de la constitution et l’ambition de rester encore pour quelques temps au pouvoir au delà de 2019 à travers des manipulations constitutionnelles. En fait, à quelques mois de la fin de son mandat, le président a bel et bien la possibilité de revenir sur sa décision en conviant de nouveau son peuple à un nouveau referendum. La seconde perche lui est offerte par le biais de la main mise qu’il aura sur le pouvoir et son administration publique quand il aura à organiser la future présidentielle. Dans les faits, l’homme ne devrait pas éprouver d’énormes difficultés à faire élire le candidat de son choix, qui, dans le pire des cas, pourrait être amené à démissionner avant terme, provoquant ainsi de nouvelles élections qui ramèneraient le président au Palais.
Ainsi, contrairement aux vœux exprimés par le président qui a souhaité voir close la question de la limitation des mandats ou plus particulièrement celle portant sur l’alternance au pouvoir, le discours prononcé jeudi dernier par le chef de l’État n’aura fait que raviver le débat. Est-ce parce que les Mauritaniens sont aveugles ou qu’ils ne veulent pas voir la réalité en face ?
MOMS





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