Crise politique, marasme économique, malaise social : Et le ciel s’en mêle !

vendredi 29 septembre 2017
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Les Mauritaniens risquent de passer une sacrée année. La saison des pluies touche à sa fin et tout reste stérile. On relève, partout – sauf, peut-être au Guidimakha – un déficit pluviométrique préoccupant. D’abord pour les populations, ensuite pour le cheptel. Face à cette situation, le syndicat des agriculteurs et éleveurs a tiré la sonnette d’alarme et demandé, aux pouvoirs publics, de prendre des mesures, pour anticiper les méfaits de ce retard. Le gouvernement en débattra, probablement, lors de son prochain conseil des ministres, si, bien entendu, son patron est au pays. Mais notre Président a pris le goût des voyages, se sentirait-il désormais à l’étroit, en son palais gris ? Il faut dire que la présente alarme vient s’ajouter à d’autres lancinants problèmes que subit le pays, depuis quelques années.

Pression fiscale
D’abord une situation économique particulièrement difficile, même si le Président affirme qu’elle est des plus roses. « Le taux de croissance estimé, pour 2016, n’est que de 1,7% et, comme à l’accoutumée, il sera probablement revu à la baisse, après correction », fait observer Moussa Fall, économiste consultant. De fait, il ne fut, l’an dernier, que de 0,9%, au lieu des 2% prévus, alors qu’au Sénégal, il a atteint 6,6% et 5,3%, au Mali, pays encore plus pauvre que le nôtre et en guerre, lui, contre les Jihadistes.
Notre ouguiya fond comme neige au soleil, face aux principales devises étrangères (dollar et euro). Le cours officiel de ce dernier a atteint 426MRO. « Les citoyens et les entreprises sont pressurés par une politique fiscale implacable », ajoute Moussa Fall. Et de rappeler que « les aménagements fiscaux introduits, dans la loi de finances 2016, ont porté sur ‘’l’application, en année pleine, de la réforme de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) et celle de la taxation des produits pétroliers ; le relèvement du droit fiscal à l’importation (DFI) et des taxes de droit d’accises sur certains produits de grande consommation (riz, tabac et dérives, clinker, fer à béton, ciment, etc.) ; la création d’une taxe de consommation, sur les poulets, ainsi que sur certains produits laitiers ; la hausse de la taxe de consommation sur certains produits ; la mise en place et/ou le relèvement du droit de pêche à l’exportation, pour certains produits de la pêche’’.
Les conditions de vie des populations ne cessent de se dégrader. Les commerçants font valser leurs étiquettes face à la dégringolade de leur pouvoir d’achat. Partout, les populations grognent et se plaignent, chaque jour que Dieu fait. Elles se plaignent des prix qui ne cessent de monter, de la rareté du poisson, depuis le départ des pêcheurs sénégalais, de la cherté de la viande ; elles se plaignent d’une école qui ne remplit pas sa mission, d’une santé devenue malade, à cause de ses dysfonctionnements, des injustices récurrentes, de la montée de la criminalité, du chômage des jeunes… en somme, de la précarité de la vie tout court.

Tension politique
S’ajoute à ce tableau qu’on pourrait qualifier de sombre, une tension politique chronique. Depuis 2008, les acteurs politiques n’arrêtent pas de s’invectiver. Un pouvoir arrogant qui n’affiche que mépris envers son opposition. Un pouvoir qui semble cependant avoir perdu, en dépit des réalisations dont il se vante, le soutien populaire acquis en 2009, quand le tombeur de Sidi ould Cheikh Abdallahi se présenta en président des pauvres et pourfendeur de la gabegie. Le rejet, par les sénateurs, dont nombre de la majorité présidentielle, des amendements constitutionnels préconisés par l’accord du 20 Octobre 2016, et les résultats, surprenants, du referendum du 5 Août dernier en sont une parfaite illustration.
En face, une opposition hésitante qui peine à mettre en place une stratégie alternative. Ses manifestations et autres communiqués de presse n’ont pas réussi à convaincre l’opinion nationale à la suivre et l’opinion internationale à l’entendre. Cette situation politique affecte la situation économique. Et pollue, aujourd’hui, tout le pays.
Autre souci quotidien des Mauritaniens, les bisbilles avec notre grand voisin du nord, le Maroc. Nos rapports avec ce royaume se sont singulièrement détériorés, depuis l’arrivée d’Ould Abdel Aziz à la tête de notre pays. Pourtant le Maroc fait partie des premiers pays à avoir cautionné le coup de force contre Sidioca. Qu’à cela ne tienne ! Le président mauritanien ne pardonne pas au royaume chérifien d’abriter l’un de ses plus farouche opposants, l’homme d’affaires Ould Bouamatou qui a ses quartiers à Marrakech. Comme il ne lui pardonne pas de ne l’avoir pas honoré de la présence de son Roi, au sommet de la Ligue Arabe, tenu à Nouakchott, en 2016.
Eclaté en ce mois de Septembre, le dossier « Ould Bouamatou et autres » est venu élever, de plusieurs crans, la tension entre les deux pays. Le pouvoir de Nouakchott accuse l’homme d’affaires mauritanien d’avoir « acheté » le vote des sénateurs, contre son projet de modifier la Constitution. Il a même lancé un mandat d’arrêt international, contre l’ex-argentier de la campagne présidentielle d’Ould Abdel Aziz en 2009. On verrait cependant mal le Maroc livrer Ould Bouamatou à Nouakchott. Pendant que cette brouille se développe, des rumeurs laissent croire que la Mauritanie s’apprêterait à reconsidérer certains aspects de ses relations avec le Maroc. Elles affirment que notre pays s’apprête à ouvrir un passage avec l’Algérie. Si de telles rumeurs se concrétisent, la Mauritanie serait privée d’une importante source d’approvisionnement en légumes, fruits et autres produits alimentaires. Il s’y ajoute d’autres produits comme les voitures. C’est aussi un raccourci vers l’Europe, via l’Espagne. Le principal marché de la capitale est approvisionné par des camionneurs marocains. Le prix de ces produits ne va pas tarder à monter, si ce n’est déjà fait.
Le Sénégal avec lequel nos rapports ne sont pas, non plus, au meilleur de leur forme, ne pourra pas nous être d’un grand secours : le renvoi de milliers de pêcheurs sénégalais, il y a quelques mois, reste un (gros) caillou dans les relations entre les deux pays. Quant au Mali, nous ne sommes guère mieux lotis.
Et voilà que le ciel ne nous aide pas ! Il n’a pas plu, les eaux du fleuve Sénégal ne sont pas montées, pour inonder les plaines du Walo. Il n’y aura donc peu ou prou de cultures de décrues. Une situation préoccupante pour tout le pays et sur laquelle le gouvernement ne pipe mot. Dans une conférence de presse tenue, il y a quelques semaines, la Coordination de l’opposition démocratique l’interpelait, pourtant, sur le sort des populations et sur celui de leur cheptel. On attend des réponses…
DL
le clame





Commentaires

Logo de Homas
lundi 2 octobre 2017 à 12h52 - par  Homas

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