Barrer la route au 3ème mandat : Les leaders politiques se jettent dans la bataille

vendredi 15 avril 2016
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Alors que le FNDU et le RFD opèrent un rapprochement stratégique pour faire barrage au 3ème mandat que Mohamed Abdel Aziz et ses soutiens tentent de forcer, Messaoud Ould Boulkheïr visite pour la seconde fois et à quelques jours d’intervalle le Palais présidentiel et s’entretient avec le Chef de l’Etat. Partout ailleurs, l’effervescence bat son plein entre les pro et les anti révisionnistes qui s’entredéchirent déjà autour de la constitution.

Le Forum national pour la démocratie et l’unité (FNDU) et le Rassemblement des forces démocratiques (RFD) jusque-là en rupture de banc, tentent un rapprochement stratégique. Un front uni contre la révision constitutionnelle devant ouvrir un large boulevard pour un 3ème mandat de Mohamed Abdel Aziz se constitue peu à peu. Ce serait le substrat du dialogue qui aurait réuni les leaders du FNDU et Ahmed Daddah, l’heure n’étant plus à la division du front de l’opposition mais à son unité. C’est dans cet esprit que s’inscrirait la visite qu’un autre pan du FNDU, comprenant Mohamed Jemil Mansour, président du parti islamiste Tawassoul, et Yahya Ahmed Waghf, président du parti ADIL, aurait effectué auprès des Forces Progressistes du Changement (FPC) de Samba Thiam. Des négociations seraient également en cours pour rallier à la cause des partis comme l’AJD/MR de Moctar Ibrahima Sarr. Jadis éparpillée en mille morceaux, l’opposition mauritanienne tente ainsi de réunir ses forces, en surpassant ses divergences épidermiques pour se souder autour du même combat, empêcher Mohamed Abdel Aziz de rester au pouvoir au-delà de 2019, date limite de son dernier mandat.

L’audience accordée mercredi par Mohamed Abdel Aziz au leader charismatique Messaoud Ould Boulkheïr, président du parti Alliance Populaire Progressiste (APP) pourrait bien avoir un rapport avec la question insidieuse du 3ème mandat. Déjà, les deux hommes s’étaient réunis la semaine dernière sur les modalités d’un dialogue politique que le pouvoir déclare souhaiter convoquer courant avril ou en mai prochain. Mais déjà, la question du dialogue semble d’ores et déjà compromise par ce que des pans entiers de l’opposition considèrent comme le mal du siècle, « la révision constitutionnelle qui pourrait faire sauter les verrous des deux mandats et compromettre toute alternance pacifique au pouvoir en Mauritanie ».

La question fait aujourd’hui rage entre les partisans de Mohamed Abdel Aziz qui font déjà campagne pour l’incrustation de ce dernier au pouvoir et les opposants qui comptent les en empêcher. De grands cadres commencent à sortir de l’ornière pour défendre leur position, à l’exemple de Haibetna Sidi Haïba, qui vient de publier un article virulent à ce sujet. Des officiers à la retraite, comme Ould Bahia, commencent eux aussi à réclamer une révision constitutionnelle pour permettre à Ould Abdel Aziz de briser le sceau hermétique des deux mandats. Certains vont jusqu’à jurer que ce dernier ne lâchera jamais un pouvoir politique qu’il a conquis par les armes. « Il ne bougera que par les armes » soutient-on. Ce qui ouvre d’autres perspectives de coup d’état dont les Mauritaniens avaient cru s’être prémunis, à travers la Constitution de 2006.

Aujourd’hui, l’opinion se trouve de nouveau divisé alors que trois années la sépare de l’échéance fatidique. L’on soupçonne déjà quelques Ulémas de service de travailler sur une Fatwa qui permettra à Mohamed Abdel Aziz de contourner le parjure, lui qui avait juré sur le Saint Coran qu’il ne révisera ni n’aidera quiconque à réviser la Constitution dans son aspect lié au nombre de mandats. Il avait aussi déclaré à plusieurs occasions, à la presse nationale comme à la presse internationale qu’il ne briguera pas un 3ème mandat.

Mais l’approche de l’échéance où il devra remettre le pouvoir semble avoir entraîné un traumatisme qu’il essaye de combler par une remise en question de toute la théorie constitutionnelle sur laquelle s’était pourtant bâti le contrat social qui le lie au peuple mauritanien. C’est le point de vue défendue par plusieurs militants et cadres de l’opposition qui trouve inconcevable le volte-face de Mohamed Abdel Aziz.
Les Mauritaniens craignent que ce forcing dont les contours se dessinent ne conduise le pays vers des troubles dont l’issue reste incertaine.

Cheikh Aïdara





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