Aziz, Messaoud et le FNDU : Un jeu à trois sur le domino politique

vendredi 22 avril 2016
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Entre un Mohamed Abdel Aziz aux ambitions encore floues quant à son avenir politique à la tête de l’Etat mauritanien, un Messaoud Ould Boulkheïr qui joue au fin stratège et un FNDU engagé dans une pré-bataille contre le 3ème mandat présidentiel, la scène politique mauritanienne vit l’une de ses périodes les plus mystérieuses.

Certains acteurs de la vie politique accusent déjà le duo Messaoud-Ould Abdel Aziz de « comploter dans l’ombre contre l’ordre démocratique », comme en 2007 lors du deuxième tour des élections présidentielles, quand Messaoud a rejoint Ould Abdel Aziz pour barrer la route à Ahmed Ould Daddah et hisser Sidi Ould Cheikh Abdallahi à la présidence de la République. C’est la position de Mouna Mint Dèye, cadre du directoire du RFD dans un posting il y a deux jours. Cet avis semble largement partagé par ceux qui sont déroutés par deux comportements presque concomitants de Messaoud Ould Boulkheïr en l’espace de quelques jours.

Le premier mystère planté par le leader du parti Alliance Populaire Progressiste (APP) est son refus, en fin de semaine dernière, de se joindre au Forum national pour la démocratie et l’unité (FNDU) qui l’invitait à une coalition contre le 3ème mandat du président Mohamed Abdel Aziz. Le deuxième mystère est son absence non justifié au Congrès organisé par la jeunesse de son parti, APP, le samedi 16 avril dernier, alors qu’il devait y annoncer ses positions et celles de son parti par rapport aux grandes questions politiques de l’heure.

En effet, lors d’un dîner pantagruélique dans son pied à terre de Tivirit, 25 kilomètres à l’Est de Nouakchott, Messaoud Ould Boulkheïr a bien gavé ses hôtes du FNDU, mais a refusé de rejoindre leur coalition contre le 3ème mandat, arguant que Mohamed Abdel Aziz n’avait nullement l’intention de violer la Constitution en allant au-delà de ses deux législatures. De leur côté, les leaders du FNDU présents lors de la rencontre ont refusé la demande formulée par Messaoud Ould Boulkheïr leur demandant de prendre part au dialogue politique que le pouvoir compte organiser d’ici le mois de mai 2016. Il avait d’ores et déjà fait comprendre à ses invités qu’il prendra part à ce dialogue. Ce revirement de Messaoud Ould Boulkheir est d’autant plus suspect, selon plusieurs observateurs, qu’il avait boycotté en novembre 2015, le dialogue politique inclusif, qui a connu un échec patent à cause de l’absence du FNDU et des principales forces de l’opposition, pour des raisons qui restent encore inchangées. Il avait exigé un dialogue politique qui ne laisserait en rade aucun pôle politique. Cette condition pour sa participation au dialogue ne semble ainsi n’être plus à l’ordre du jour en ce qui le concerne, alors que les mêmes raisons qui l’avaient poussé à boycotter le pseudo dialogue de novembre 2015 restent les mêmes encore aujourd’hui.

Ainsi, Messaoud Ould Boulkheïr qui semblait être revenu à une opposition plus radicale par rapport au pouvoir de Mohamed Abdel Aziz, serait revenu à ses anciens flirts pour des raisons qui n’ont pas encore été entièrement dévoilées. Certains considèrent que le durcissement de ton de Messaoud vis-à-vis du pouvoir de Mohamed Abdel Aziz serait apparu juste après sa nomination à la tête du Conseil économique et social, et les tracasseries administratives et financières qui s’en suivirent. Une fois ces difficultés résolues à la faveur de ses dernières entrevues avec le locataire du Palais présidentiel, il serait revenu à son ancien tandem avec Ould Abdel Aziz, lequel l’aurait chargé de convaincre le FNDU à prendre place autour de la table du dialogue politique.

Deuxième hic dans le comportement de plus en plus ambigu de Messaoud Ould Boulkheîr, son absence injustifiée au Congrès que la jeunesse de son parti venait d’organiser, samedi 16 avril 2016, à l’Ancienne maison des jeunes de Nouakchott. Alors que le bureau exécutif du parti APP au grand complet attendait son grand Timonier jusqu’au crépuscule, il ne vint pas, plongeant l’assemblée dans l’expectative. Le public venu nombreux se retirera en brouhaha, sans que le moindre discours ne fut échangé. Cette absence, certains la justifient par les hésitations de Messaoud Ould Boulkheir, à prendre à l’heure actuelle des positions tranchées par rapports au débat politique de l’heure, notamment la question du dialogue politique et le 3ème mandat de Mohamed Abdel Aziz.

Cheikh Aïdara





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