Au 21ème siècle, Nouakchott toujours dans l’obscurité

mercredi 3 mai 2017
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Les Mauritaniens se trouvent bien au 21ème siècle. Et leur capitale Nouakchott, aussi. Pourtant, les uns comme l’autre connaissent encore des délestages, de jour comme de nuit. Depuis le début de présente semaine, les habitants de la Moughtaa de Dar Naïm et ceux d’El Mina et ceux de Arafat sud, vivent le martyr, sans électricité mais aussi sans eau.
« Nous sommes là depuis une heure, il n’y a pas de courant, donc pas d’eau, car le suppresseur ne marche pas ». Nous sommes à quelques mètres du populeux garage de Nouadhibou, dans des dédales de rue à Sebkha. Quelques femmes stoïques sont restées là, près des bidons pour faire la garde tandis que les autres sont parties prospecter ailleurs. C’est la même scène qui fleurit les artères de la ville. Partout, le sujet est d’actualité. « On nous a foutu une pénurie d’eau pour qu’on ne s’intéresse pas autres questions nationales, telles la hausse des prix, le référendum… » lance une quadragénaire assise sur des crottes d’ânes, qui ruminent non loin de là. Elle sursauta quand ses copines lui en firent la remarque, déclenchant une traînée d’hilarité.
Nouakchott alterne ainsi entre sécheresse et obscurité, ramenant sur terre des populations euphoriques qui croyaient qu’avec la démocratie et toutes les bonnes choses que les politiciens leur avaient servies ces dernières années, ils allaient sortir de leur misère par une simple baguette magique. La réalité est bien amère aujourd’hui et le réveil brutal. Non seulement, les prix des denrées de première nécessité ont atteint des seuils inimaginables, grignotant les maigres augmentations de salaire, mais il n’y a plus d’électricité, plus d’eau…plus d’argent. Rien que les meurtres, les vols et des promesses de lendemain qui ne chanteront pas de sitôt.
Le gouvernement n’a pas encore fini le décompte de plusieurs décennies de gabegie. La Somelec, n’est plus qu’une structure vide. Très prompte à procéder aux délestages ou à faire payer ses factures, elle est désormais incapable de requinquer une capitale qui commence à prendre les relents d’une grande bourgade précoloniale. Seuls signes de modernité dans une cité où les plans d’action et les programmes de réfection noircissent les dossiers enfermés dans les tiroirs de l’inopportun, des carcasses de tacots qui se chamaillent des artères où le goudron n’est plus qu’un pâle souvenir.
Pourtant, que de belles littératures sur la politique d’électrification avec l’OMVS. Le gouvernement avait même adopté il y a trois ans, une belle Déclaration de politique de développement du secteur d’électricité restée une énorme arnaque. Une Autorité de régulation fut même mise sur pied, dont les membres se sont contentés de bouffer notre budget, de se trimbaler dans de grosses cylindrées payées avec nos sous, entretenus avec nos sous, alimentées avec nos sous, et dont le dernier souci est de savoir pourquoi la Somelec est incapable de fournir un service minimum en matière d’approvisionnement en eau potable des populations. Que n’a-t-on dit sur ce sujet. On a parlé de renforcement du système d’électrification, grâce à l’énergie solaire à Nouakchott. On a aussi parler de révision à la baisse du kw. Que nenni ! Le résultat est que les populations continuent de payer le produit très cher. Plus, le service de l’institution laisse à désirer du fait d’incessantes coupures du courant préjudiciables aux appareils ménagers et même aux matériaux industriels de privés. Dans un cas comme dans l’autre, les dommages ne sont jamais pris en compte.

MOMS





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