Reportage sur l’Aïd et la rentrée scolaire : Les budgets des ménages sous pression

lundi 28 août 2017
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La rentrée scolaire 2017-2018 est à trois semaines cette année de la fête de l’Aïd El Adha, ce qui équivaut, pour les ménages, des dépenses supplémentaires et, surtout, une trop lourde charge sur le budget.

Avec des prix du mouton qui commencent à monter progressivement à l’approche de l’Aïd, en principe prévu pour le 1er septembre prochain, et la hausse autant des articles scolaires et de l’habillement, les budgets seront à coup sûr mis à rude épreuve.

En plus, il faut également prendre en compte une hausse vertigineuse des produits alimentaires ces derniers jours et qui devrait, selon des sources informées, atteindre des « pics » à quelques jours de l’Aïd El Adha.

Hier sur les marchés du centre du pays, le rebond des prix est extraordinaire : la carotte qui n’était mercredi qu’à 250um/kg est cédée entre 250 et 260UM/kg, alors que la pomme de terre est déjà à 300um/kg et devrait atteindre d’ici à la fin du mois les 360UM/kg. « Il n’y avait pas eu constitution de stocks de pomme de terre, et le déficit fera en sorte que les prix vont rapidement remonter à la fin du mois », estime un cadre proche des milieux commerciaux.

Pour la remontée des prix de certains produits comme la carotte, il a souligné qu’’’une bonne partie de la production locale a été jetée, car ne trouvant pas preneur. Et aujourd’hui, avec l’approche de l’Aïd, son prix remonte très rapidement’’. Même cas de figure pour la tomate, même si cette année il y a eu une production record pour la variété dite industrielle, les aubergines, les carottes et les poivrons. Quant aux haricots et les autres légumes, ils sont déjà à 150um/kg !

Dans ce climat de surchauffe des produits agricoles, les prix du mouton vont forcément connaître, par le traditionnel renchérissement des prix exercés par les revendeurs de seconde et troisième main, une hausse artificielle qui ferait que le mouton ne soit pas négocié à moins de 55.000um.

Une situation de marché où la spéculation, comme cela se passe chaque année sans que le ministère de tutelle n’intervienne, fera subir aux modestes bourses des pressions énormes, intolérables. Cette année, les prix moyens des moutons ne devraient pas descendre des 35.000 um, avec des cotes de 40.000 à 45.000um.

Des niveaux de prix assez importants pour les « smicards » et les petits salaires, car en même temps ils doivent faire face à une dépense incontournable, incompressible, celle de l’achat du trousseau scolaire et des vêtements pour la rentrée. Or, les prix des biens manufacturés, dont les articles scolaires et d’habillement, ont affiché une croissance de 0,4% au mois de juin dernier, selon une source économique.

En octobre dernier, et toujours selon cette même source, les prix de l’habillement-chaussures avaient enregistré une hausse de 10,3%. Le mois de juin dernier correspondait avec l’arrivée de l’aïd El-Fitr, caractéristique d’un rebond des prix des articles d’habillement, comme ce sera le cas pour l’aïd El Kébir également et la rentrée scolaire, et donc une autre hausse des prix de ces produits est à prévoir. D’autre part, une hausse modérée avait été observée sur le marché.

Une hausse modérée car le mois de juin correspond à la fin de l’année scolaire. Mais au mois de septembre, avec la rentrée scolaire, la tendance devrait s’inverser et les prix des articles scolaires devraient repartir à la hausse.

« Le temps passe trop vite et l’argent s’en va encore plus rapidement, nous venons juste de sortir des dépenses du Ramadan et de l’Aïd El Fitr puis de celles des vacances et nous nous retrouvons déjà à une semaine de l’Aïd El Adha qui coïncide à moins d’un mois avec la rentrée scolaire, nous ne savons plus sur quel pied dépenser », a affirmé, d’un trait, un père de famille qui a atteint la cinquantaine alors que ses cheveux sont déjà blancs.

Le pauvre père de famille au revenu modeste jette un coup d’œil autour de ses trois enfants tout en pensant au poids des besoins quotidiens après la fête, mais, très vite, il élude le problème en se disant : « on verra ça plus tard ».

Par A.Sidi

Tawary





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