Nouakchott : La mendicité entre nécessité et profession

lundi 12 juin 2017
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Depuis quelques années, le nombre de femmes et d’enfants mendiants handicapés physiques ou pas, ne cesse d’augmenter, phénomène que tout le monde a remarqué car appelé à longueur de journée d’aider son prochain.

Avec l’arrivée des venants d’Afrique et des réfugiés syriens quand même plus discrets, la mendicité est devenue contagieuse à Nouakchott, la capitale mauritanienne et il n’y a aucun lieu qui en soit épargné, sauf que les méthodes changent.

Pour les mauritaniens, ce sont les endroits où il y a des embouteillages qui les attirent, de même que pour les syriens et les touareg du Mali. Certaines réfugiées syriennes vous montrent l’enfant qu’elles portent dans leurs bras pour vous briser le cœur afin qu’elles cueillent des sous.

Mais revenons à nos mendiants, les mauritaniens et surtout les femmes, dont le nombre ne cesse de croître de jour en jour. Leurs lieux de prédilection sont les abords des mosquées, les marchés, les ronds-points, sur les routes entre les véhicules.

A l’intérieur des marchés, vous êtes abordés par des femmes entre deux âges, parfois bien habillées, seules, qui vous demandent de quoi payer une ordonnance qui date d’une dizaine d’années, de leur acheter des légumes pour nourrir des orphelins tout en manifestant des pleurs pour réveiller votre pitié. Mais elles sont plus discrètes et vous demandent cela d’une voix à peine palpable, en prenant soin de ne pas se faire distinguer par ceux qui vaquent à leurs occupations.

Jusque-là, rien de bien spécial sauf peut-être le nombre plus élevé de jour en jour de ces mendiants, mais ce qui n’est pas normal et revêt un caractère plutôt grave, c’est l’heure à laquelle de nombreuses femmes s’adonnent à cette activité en se faisant accompagner d’enfants âgés entre 5 et 10 ans, en haillons mais au verbe très développé. Pour l’heure, elles choisissent la prière du vendredi et guettent les fidèles qu’ils voient entrer et sortir.

Elles sont là, dès 12 heures et attendent avec impatience la sortie des fidèles pour ordonner aux enfants qui les accompagnent qui peuvent être leurs propres enfants ou des enfants qu’ils paient après chaque mission. Ceux-ci se mettent à quémander à haute voix. Parfois, devant les mosquées et à l’entrée des hôpitaux et des banques, vous êtes interpellés par une voix cassée qui annonce : « Aidez-nous, papa est malade et frère est en prison, nous n’avons personne pour subvenir à nos besoins », ou une autre qui bramait qu’elle avait huit frères et des sœurs en bas âge et personne pour les aider ».

Troublé de pitié, les fidèles ne rechignaient pas à mettre la main à la poche mais répugnaient quand même concernant l’heure tardive qui devrait plutôt inciter les femmes et les enfants à être chez eux. « La journée ne leur suffit-elle pas ? » s’interrogent beaucoup de citoyens, en leur jetant des regards méfiant. En effet, même si ce sont de véritables familles très pauvres et dans un besoin pressant d’argent, il est vraiment anormal qu’elles restent tard jusque dans la nuit à tendre la main, surtout de la part des enfants car les femmes qui les accompagnent se contentent de mettre un voile noir ou un foulard sur leur visage et d’attendre que l’argent tombe dans le foulard qu’elles tiennent à deux mains.

Des fidèles nous ont affirmé que certains ont suivi ces femmes et ces enfants après la fin de leur quête et qu’ils les ont vus grimper dans des voitures neuves qui les attendaient un peu plus loin, chose que nous ne pouvons vérifier car ça demande du temps et des moyens. En effet, comment l’Etat peut-il permettre que des femmes, même si elles sont leurs mères, profitent de l’innocence de ces enfants pour les utiliser à la mendicité, en leur apprenant à réciter des phrases apprises d’avance pour susciter la pitié des gens, à cette heure de la nuit et en pareils endroits ?

Des actions de la part du gouvernement sont nécessaires et urgentes pour éradiquer ce phénomène qui prend une ampleur aveugle et vraiment inquiétante.

Alors où sont les droits de ces milliers de mendiants qui obscurcissent l’image de la capitale ?

Par A.SIDI

Tawary





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