Mattel : Est-ce le début de la fin ? Acte II

vendredi 24 mars 2017
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On ne peut s’intéresser à Mattel sans s’intéresser à sa société mère dirigée par Nizar Bouguila celle qui devrait donner le bon exemple en matière de bonne gouvernance et de rigueur. Celle là même qui est au centre de ce que l’on peut qualifier du « plus gros scandale financier de l’après Ben Ali ». Il s’agit des conditions du rachat de l’opérateur GO Malta par le groupe public Tunisie Télécom en juin 2016, affaire menée de bout en bout par Nizar Bouguila (Notre photo), lui même.
Auparavant, de nombreuses voix avaient pourtant tiré les signaux d’alarme. Cette acquisition avait été contestée aussi bien par le Premier ministre, alors Habib Essid, que par le puissant syndicat tunisien de l’UGTT, mais aussi par plusieurs ministres, dont celui de l’Énergie, Mongi Marzoug. A l’époque, les dirigeants de Tunisie télécom avaient été sommés de s’expliquer devant la très officielle « Commission de la bonne gouvernance et de la lutte contre la corruption » du jeune parlement tunisien. Mais rien n’y a fait. Les dirigeants de Tunisie Télécom sont passés en force, sans impliquer ni le Ministère des Finances, ni la Banque Centrale, et encore moins, les partenaires habituels des opérations financières des groupes publics. Pourtant l’opérateur tunisien aurait du être échaudé par les résultats catastrophiques que Tunisie Télécom a obtenus, ces dernières années dans plusieurs de ses acquisitions à l’étranger, notamment en Mauritanie, dont Nizar Bouguila, aura été longtemps l’administrateur.

Les chiffres de la filiale mauritanienne, les voici : l’opérateur mauritanien « Mattel », dont Tunisie Télécom est depuis quinze ans l’actionnaire majoritaire, était à sa création le seul opérateur en place. Ses premiers résultats laissaient entrevoir un avenir prometteur. Depuis, le poids du groupe s’est effondré. Avec 18% seulement des parts de marché, Mattel arrive désormais loin, en troisième position derrière Mauritel (60% du marché) et Chinguittel (22%). L’opération maltaise que certains au sein de l’entreprise décrivent comme « un pillage organisé » risque d’être tout aussi catastrophique.
Lors d’un colloque qui s’est réuni fin octobre dernier en Tunisie, Nizar Bouguila persiste et signe : « la filiale maltaise représente un des joyaux du groupe ». Une certitude d’emblée : cette acquisition plombe les comptes de Tunisie télécom. Et pour cause, l’opérateur tunisien doit débourser 75 millions par an pour rembourser l’emprunt du Crédit Suisse. Comment faire alors que les dividendes de GO Malta, 110 millions de chiffre d’affaires, ne dépassent pas une dizaine de millions annuels et que le groupe tunisien lui même ne dégage que 40 millions seulement de bénéfices ?...
En fait, les banques emmenées par les Émiratis dans ce prêt de 300 millions ne risquent quasiment rien. En cas de défaut de paiement, « Tunisie Télécom » dispose d’un important patrimoine que le groupe peut toujours vendre. La caution de l’État effacera les dernières dettes. Seul le contribuable tunisien pourrait bien être le dindon de cette farce financière. La communication de Nizar Bouguila est vague, vide et contient nombre de zones d’ombre. Le document d’offre de Go Malta mentionne 5,6 millions de « dépenses liés au processus de l’opération », sans donner aucun détail sur la ventilation de ces dépenses. Après vérification auprès d’un expert à la bourse de Tunis, il s’avère que les frais boursiers liés à ce genre d’opération sont de l’ordre de 0,8% du montant total (soit 2,4 millions d’euros dans notre cas). Tunisie Telecom a également pu faire appel à des cabinets de conseil pour une assistance stratégique, technique, financière ou juridique avant de procéder à l’OPA, mais on voit mal des frais de consulting atteindre 3,21 millions d’euros (soit 7,77 millions DT) pour une seule mission. Il est clair que cette somme est excessive par rapport aux standards du marché.
Une autre question demeure : quel a été le coût réel de l’OPA ? Si on additionne le montant total de l’achat d’actions aux dépenses liées à l’opération, on atteint une somme de 195,8 millions d’euros. Ici, on est très loin d’atteindre les 300 millions d’euros du crédit contracté auprès du Crédit Suisse. Qu’est-il advenu du reliquat ? Les 104,2 millions d’euros restants ont-ils été retranchés pour procéder à un réajustement des termes du crédit initial, ou bien ont-ils été réinvestis dans l’entreprise ? La question reste posée.
JOB





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