Marché à bétail de Boghé, éleveurs et courtiers ont pris possession des lieux

mardi 30 novembre 2021
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Depuis une année, le nouveau marché à bétail de Boghé, construit par le Projet Régional d’Appui au Pastoralisme au Sahel pour la Mauritanie (PRAPS-MR) accueille éleveurs et courtiers venus des quatre coins du département. Fini les réticences d’avant. Aujourd’hui, tous apprécient le confort des infrastructures et la commodité des lieux.

« Nous attendons juste d’être fixé sur les directives pour qu’on débute réellement la gestion du marché, gestion qui d’ailleurs a commencé depuis près d’une année, mais il manque seulement quelques détails à régler pour foncer à plein régime.  » a déclaré M. Abdourrahim Ibrahima Sall, président du Comité de gestion du marché à bétail.

« Il y a un peu plus d’un an, lorsque le nouveau marché venait juste d’être terminé, la plupart des éleveurs et courtiers avaient un seul mot d’ordre à la bouche, qui était de ne « Jamais ! » déménager vers les nouveaux lieux ». Mais avec les efforts de sensibilisation des autorités administratives et communales à leur endroit, ils avaient fini par admettre et réaliser l’importance réelle de cette nouvelle infrastructure. » a-t-il ajouté

Un nouveau marché équipé incomparable avec l’ancien

Aujourd’hui, c’est avec un grand sourire que les récalcitrants d’hier reconnaissent avoir été dans le tort. «  L’habitude par rapport à notre ancien espace de vente nous avait fait croire qu’on ne pourra pas trouver meilleur endroit, bien qu’on y était exposé aux intempéries sans aucun refuge autre que des abris de fortune, avec l’insécurité en plus  » reconnaît Sow Elimane, courtier à Boghé.

« Il n’y a rien de comparable entre l’ancien marché et celui-ci construit par le PRAPS. Avant, nous étions sur un terrain appartenant à un particulier, ouvert aux quatre vents, sans aucune infrastructure. Nos animaux étaient souvent exposés au vol et personne n’osait y laisser traîner un cabri. Nous partions avec notre bétail le soir pour les ramener le lendemain à cause de l’insécurité » égrène. Abdourrahim Sall.

Reprenant son souffle, il déclare, la voix grave, « ici, nos bêtes sont en sécurité. L’endroit est clôturé par des murs en dur surmonté de barbelés. Il y a un gardien. Nous avons des enclos, une salle de prière et une grande véranda pour le repos, des toilettes, de l’eau courante et de l’électricité. Qu’est-ce-que vous voulez de plus ? » s’interroge-t-il, en jetant un regard circulaire sur ses deux adjoints et quelques curieux qui suivent les échanges, comme pour les prendre à témoin. Tous acquiescent de la tête.

Rentrées substantielles pour la commune

Nejib Ould Imijine est le percepteur de la commune chargé de collecter la taxe sur le bétail. Selon lui, les rentrées sont encore modestes, soulignant que par jour ce sont environ 40 à 50 caprins, et entre 10 et 15 vaches environ, qui rentrent et sortent du marché. «  Les activités sont actuellement au ralenti ; c’est surtout durant les grands évènements, comme les fêtes religieuses, où le marché connaît réellement son pic  » reconnaît-il.

En attendant que les procédures de gestion soient établies, il évoque quelques failles dans le contrôle des flux de bétails qui entrent ou sortent. Pour le moment, il trouve que les retombées du marché sur la commune et les acteurs sont appréciables. Pas beaucoup de charges financières sur les éleveurs et courtiers de nature à entraver leurs activités d’une part et d’autre part, quelques rentrées subsidiaires qui permettent à la commune d’assurer la gestion des lieux.

« Nous prélevons 10 MRU par jour et par mouton, et 20 MRU pour les vaches, ce qui fait environ des recettes journalières qui varient entre 200 à 400 MRU par jour pour la commune  » estime-t-il.

Une activité économique encore au ralenti

Le ralentissement des activités est partout patent en cette journée d’octobre où nous visitions le marché, avec une pluviométrie qui n’a pas été clémente cette année, se plaignent plusieurs éleveurs interrogés. C’est le cas de Mohamed Ould Salem, courtier. « Notre travail consiste à acheter et revendre des moutons. Les prix ont beaucoup baissé. Un mouton se vend aujourd’hui entre 2.600 et 4.000 MRU. Avant, durant les mois passés, ça allait jusqu’à 5.000 ou 6.000 MRU » témoigne-t-il.

« Il nous arrive de partager à trois ou quatre l’achat d’un mouton pour ensuite partager les bénéfices après la vente, pour vous dire notre état de vulnérabilité » poursuit-il. Lui et ses deux amis qui l’accompagnent trouvent que le nouveau marché de Boghé est de loin plus rentable et plus fréquentable que « la calamité que nous avions auparavant » lance Mohamed Ould Salem dans un sourire narquois.

Amady Hamadou Sow de Thialgou est du même avis, même s’il reconnaît qu’il n’y a pas encore assez d’acheteurs qui se bousculent au marché à bétail ces temps-ci.

C’est la même complainte de la part de Vatimetou Mint Imijine, vendeuse de thé. Plateau de verres et grosse théière entre les mains, elle se plaint de ses faibles entrées. « L’activité économique est lente ici, et parfois je rentre à la maison sans la dépense de la journée » gémit-elle.

« Mais Alhamdoulilah, le nouveau marché est là, et nous y disposons de toutes les commodités. Regarde le grand hangar dans lequel j’officie ! Avant, je n’avais rien à me couvrir du soleil et du vent » lance-t-elle dans un soupir.

La mairie de Boghé impose son autorité aux acteurs du marché à bétail

« Nous entretenons d’excellentes relations avec les acteurs du nouveau marché à bétail  » se félicite M. Mahmoud Ahmed Dia, deuxième adjoint au maire de Boghé, dans un excellent arabe. Pour ce qui est des problèmes connexes, il y en aura toujours, reconnaît-il en substance.

Par rapport, par exemple, aux plaintes liées aux inondations qui rendent le marché inaccessible pendant l’hivernage, il déclare que cette situation n’est pas propre au marché, et que même les locaux de la municipalité et tout le quartier situé dans la partie Boghé Less, souffrent des mêmes problèmes d’accessibilité pendant la période des pluies.

« Nous parvenons cependant toujours à résoudre ce problème en pompant l’eau  » souligne-t-il. Il a évoqué par ailleurs le retard pris dans le début d’une vraie gestion du marché. Ce qui est dû selon lui, à des procédures administratives en cours de finalisation liées aux directives à suivre par le bureau du Comité de gestion. « N’empêche, dit-il, la gestion est bien assurée depuis l’ouverture du marché ».

Pour imposer son autorité, le maire adjoint a déclaré que la commune a sorti une circulaire dont copie a été remise au Hakem (préfet en arabe) et aux forces de l’ordre, la gendarmerie et la police notamment, interdisant toute opération de vente ou d’achat de bétail en dehors du nouveau marché, au niveau du département de Boghé. Les contrevenants, selon lui, s’exposent à de lourdes amendes.

Il a enfin remercié le PRAPS pour cette infrastructure d’envergure qui permet, selon lui, d’organiser plus rationnellement la vente du bétail sur pied, pour le grand bien des acteurs du secteur, pour la commune et pour les services déconcentrés de l’Etat, comme les services vétérinaires, entre autres.

Il faut noter que le nouveau marché à bétail de Boghé, comme les 18 autres infrastructure de ce type construites par le PRAPS avec l’appui de la Banque Mondiale, dans plusieurs villes et localités en Mauritanie, a coûté 6 millions MRU (60 millions anciennes ouguiyas).

Il comprend une grande salle de prière, des toilettes, un grand hangar pour le repos des visiteurs du marché, une aire d’embarquement et de débarquement des animaux, plus quatre enclos, le tout sur une surface clôturée de 2 hectares, non loin de l’axe routier.

Cheikh Aïdara





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