Commémoration de la journée mondiale du lait, la société civile et Oxfam maintiennent le flambeau

samedi 1er juin 2019
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En l’absence de l’Etat qui a cessé de fêter la journée mondiale du lait depuis plus de trois ans, c’est la société civile mauritanienne, à travers la Coalition Mauritanienne du lait local, soutenue par Oxfam, qui vient de célébrer ce 1er juin 2019 à Nouakchott, la Journée mondiale du lait sous le thème « Promotion, Valorisation et Sécurisation du lait local ».

A l’instar de la communauté internationale, Nouakchott a abrité le 1er juin 2019, la commémoration de la journée mondiale du lait. Cette journée a été organisée, avec l’appui de l’ONG internationale OXFAM, par la Coalition Mauritanienne du Lait Local, qui regroupe l’Association pour la promotion de l’élevage au Sahel et en Savane (APESS), le Réseau des organisations pour la sécurité alimentaire (ROSA), l’Alliance Citoyenne (AC), le Réseau des femmes parlementaires mauritaniennes (REFPAM), le Groupement national agro-pastoral (GNAP), la société Tiviski, le Club des Jeunes Journalistes (CJJ) et ECODEV.

Le 28 novembre 2018 déjà, la Coalition mauritanienne du lait local avait participé à la foire de Néma sur les produits animaliers, avec comme slogan « Mon lait est local ». Le stand organisé en partenariat avec l’ONG AMAD, avait été primé par le Ministère de l’Elevage, comme meilleur stand. En marge de cet évènement, la Coalition avait lancé une pétition signée par 600 personnes, dont le président de la République, Mohamed Abdel Aziz.

Promesses et défis du secteur laitier

Le deuxième anniversaire de la journée du lait célébré cette année par la Coalition a été marqué par un échange de discours, dont celui prononcé au nom du Ministre du Développement Rural, par Isselmou Ould Abdatt, Directeur des Filiales Animales. Auparavant, Sarr Mamadou, Coordinateur de ROSA avait mis en exergue les difficultés rencontrées par la filière lait en Mauritanie, citant la faible organisation des acteurs, la concurrence du lait importé, le déficit en aliments de bétail, l’absence de politiques commerciales et fiscales incitatives pour le secteur, la faible volonté politique.

Pour le Directeur Pays d’Oxfam, Dedeou Yahiya, la FAO célèbre chaque année, depuis 2001, la promotion du lait local, rappelant que la Coalition mauritanienne du lait local a été mise en place le 1er juin 2018. « Cette Coalition inscrit ses actions dans une campagne régionale portée par des organisations de producteurs, de la société civile et d’industriels du Burkina Faso, du Mali, de la Mauritanie, du Niger, du Sénégal, du Tchad et de la Belgique » a-t-il souligné. Ce sont 48 millions de familles de pasteurs et d’agropasteurs de l’Afrique qui sont ciblées par la Coalition, dira-t-il en substance, précisant que la « campagne a su fédérer une large coalition de 15 organisations régionales d’agriculteurs et d’éleveurs, 55 organisations nationales, une organisation faîtière de producteurs laitiers européens (European Milk Board) et 6 ONG internationales dans le seul but de provoquer la mise en place de politiques commerciales et fiscales favorables au lait local, afin d’assurer aux familles de pasteurs et d’agropasteurs, ainsi qu’à tous les autres intervenants de la filière des revenus conséquents leur permettant de vivre dignement ».

Pour l’Honorable député Marième Baba Sy, présidente du réseau des parlementaires femmes, « nous sommes les plus gros consommateurs de lait de la région, mais l’essentiel de notre consommation vient de l’étranger », soulignant que la filière lait offre cependant de fortes opportunités économiques et sociales, notamment dans la lutte contre la pauvreté et le chômage des jeunes et des femmes.

Une ossature institutionnelle favorable à la filière agropastorale

Les participants ont par la suite suivi une courte vidéo dans laquelle la Directrice d’Oxfam Internationale, Winnie Byanyima, adressait un mot à l’occasion de la célébration de la journée mondiale du lait. L’occasion pour Amadou Djigo d’Oxfam Mauritanie de dresser le bilan réalisé par la Coalition mauritanienne en 2018-2019 et les activités prévues pour l’année en cours.

Successivement, Mohamed Lemine Deida pour le compte du Projet d’appui régional à l’initiative pour l’irrigation au Sahel (PARIIS), la Délégation de l’Union Européenne à travers la plateforme de dialogue sectoriel du Projet RIMRAP, Mohamed Ould Brahim Ould Cheikh Sidiya au nom du Projet de développement des filières inclusives (PRODOFI), ont chacun présenté son projet, ses objectifs, ses défis et ses projections.

La journée s’est achevée par un large débat avec les questions, les commentaires et les contributions des participants, dont une brillante intervention du directeur de la société Tiviski qui a brossé 30 ans d’expériences de la première unité industrielle laitière en Mauritanie.

Une foire des produits laitiers locaux suivis d’un F’Tour a été organisé durant la soirée à l’intention des acteurs et des invités.

Cheikh Aïdara

Bilan de la Coalition Mauritanienne pour le lait local 2018-2019

La Coalition Mauritanienne pour le lait local s’intègre dans une campagne régionale qui regroupe le Burkina Faso, le Mali, la Mauritanie, le Niger, le Sénégal, le Tchad et la Belgique Ses objectifs tournent autour de l’accès à l’alimentation de bétail, l’amélioration du taux de collecte auprès des familles productrices, la mise en place de politiques commerciales et fiscales favorables à la promotion du lait local, la protection des produits locaux face à la concurrence du lait importé afin de booster les industries locales pour en faire le moteur du développement économique et social. A souligner que la consommation régionale, c’est 5 millions de tonnes de lait par an dont 85% importés.

D’autre part, la Coalition avait visé deux grands objectifs, à savoir l’élargissement de sa base de membres affiliés ou alliés. Un objectif atteint avec ECODEV, GNAP et APESS, qui ont rejoint la coalition. Deuxième objectif, renforcer l’ancrage de la Coalition avec tous les acteurs cibles. La Coalition a dans ce cadre entamé des discussions avancées avec le PRAPS, PARIIS, PRODOFI et RIMRAP. Des actions de communication basées sur des dates fortes, comme le 28 novembre, fête nationale de l’indépendance, ou encore le 8 mars, fête internationale de la femme, sont envisagées, ainsi que la pétition lancée en 2018 et qui reste ouverte pour la signature.

Les difficultés relevées concernent le manque d’intérêt de certains industriels, l’agenda des ministres des secteurs concernés (ministère du Développement Rural, Ministère du Commerce), la faible mobilisation des financements.

Pour la deuxième année, la Coalition vise à toucher les industriels et les fédérations nationales de la filière, mais aussi à travailler au renforcement de la plateforme de dialogue sectoriel (Task Force) pour une meilleure synergie entre les acteurs. Il s’agira aussi de travailler pour une approche favorable à la protection et à la promotion du lait local et à la recherche des financements.

Projet D’Appui Régional à l’Initiative pour l’Irrigation au Sahel (PARIIS)

Il s’agit d’un projet créé le 31 octobre 2013 à Dakar par les Chefs d’Etat du Burkina Faso, du Mali, de la Mauritanie, du Niger, du Sénégal et du Tchad, avec un fonds Banque Mondiale de 25 millions de dollars U.S et une coordination assurée par le CILSS. Ce projet touche plus de 7.000 ménages dont 53% de femmes. Il intervient dans le domaine agropastoral et le soutien aux producteurs.

Projet Renforcement Institutionnel en Mauritanie vers la Résilience Agricole et Pastorale (RIMRAP)

Le Projet Renforcement Institutionnel en Mauritanie vers la Résilience Agricole et Pastorale (RIMRAP) financé par l’Union Européenne, entretient une Plateforme de dialogue sectoriel qui se veut pérenne et inclusive. Il intègre des acteurs étatiques et non étatiques pour s’impliquer dans des débats autour des défis du secteur rural et dans le renforcement des capacités institutionnelles. Son objectif est de renforcer la concertation avec les acteurs, de développer un plaidoyer envers les décideurs et d’aller vers des propositions concrètes face aux défis qui se posent au niveau de la résilience agropastorale.

Le projet se fixe d’autres objectifs, comme faciliter la coordination et la capacité des acteurs à proposer des solutions consensuelles. Il se déploie au Guidimagha, en Assaba et dans les deux Hodhs autour d’un groupe de travail dédié au monde rural, avec un chantier de développement du lait local par l’appui à la concertation entre les acteurs.

Projet de Développement des Filières Inclusives (PRODOFI)

Le PRODOFI est financé sur fonds FIDA-ASAP à hauteur de 45,3 millions de dollars U.S pour une durée de 8 ans (2017-2024) dans l’objectif de soutenir l’important potentiel du secteur agropastoral encore mal valorisé. Ses activités sont orientées vers la lutte contre la pauvreté et la malnutrition, ainsi que l’insuffisance alimentaire. Parmi ses autres objectifs, la contribution à l’amélioration des revenus et de la situation des populations rurales.

Le PRODOFI s’active autour de trois axes : le développement des filières (45% des financements), le développement et la création de modules de productions (41% des financements), enfin, la coordination, le suivi-évaluation et la gestion du savoir (14% des financements). Le fonds ASAP (Programme d’adaptation de l’agriculture paysanne) prend en charge le volet intégration des effets liés aux changements climatiques, ainsi que la mise en place d’approches techniques d’adaptation. Le PRODOFI privilégie le Faire-faire qui est un appui indirect par structures locales interposées.

Le projet intervient dans le maraîchage, le lait de chèvre, l’aviculture, les produits forestiers non ligneux et la pêche continentale au niveau de Foum Gleïta. Il couvre le Gorgol, le Brakna, le Guidimagha, l’Assaba et les deux Hodhs. Dans la filière lait de chèvre, le projet offre des chèvres suitées, l’alimentation et la santé animale.
Parmi ses réalisations, le recrutement d’un opérateur technique, un atelier de lancement à Boghé, la signature de contrats producteurs et usines laitiers, avec 280 chèvres suitées distribuées. En 2019, il est prévu de disséminer 620 chèvres suitées et 80 boucs et de former des éleveurs, entre autres.





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