Anticiper sur la Mauritanie Post-gaz 2021

dimanche 23 septembre 2018
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La représentation de la société British Petrolum (BP) en Mauritanie a organisé jeudi 20 septembre dernier, à l’intention de deux groupes de journalistes, une séance d’explication sur les différentes étapes de la chaîne de valeur des produits d’hydrocarbures, de l’exploration jusqu’à la vente aux détails, en passant par l’extraction, le transport et le stockage, mais aussi sur les opportunités socioéconomiques que la Mauritanie pourra tirer de l’ère post-gaz.

Les conclusions tirées de cet univers encore inconnu, permettent de tirer quelques leçons :

1- Le Projet Hmeymine/Tortue, avec ses 5 blocs côté Mauritanie et ses 2 blocs côté Sénégal, voit l’émergence de la toute première et importante zone gazière en Afrique de l’Ouest sur le Bassin Mauritanie-Sénégal-Gambie-Bissau-Conakry (MSGBC), avec la technologie de dernière pointe utilisée pour extraire le gaz à plus de 2.700 mètres de profondeur et des réserves estimées à 425 milliards de mètre-cube.

2- Le Projet est allé vite, entre la phase découverte en 2015 et la Phase 2018 où l’on en est déjà à la "Final Investissement Decision (FID)" ou la Décision Finale d’Investissement qui va précéder l’exploitation prévue en 2021 pour une trentaine d’années. A ce stade, la Mauritanie devra préparer ses 10% de participation directe obligatoire au projet, ce qui équivaudrait déjà à un décaissement qui risque d’être hors de portée du budget national, sauf s’il faut sacrifier des investissements publics dans plusieurs secteurs ou contracter des emprunts sur le marché international.

3- Contrairement à des hypothèses déjà développées, le gaz mauritanien sera vendu sous forme de Gaz Liquide Naturel (GNL), par un processus de refroidissement du gaz à Moins 160° Celsius, ce qui réduira 600 fois le volume du gaz à l’état brut. Le GNL sera transporté par des méthaniers vers les marchés internationaux. Ainsi, l’option par transport oléoduc, même vers le point le plus proche d’Europe (l’Espagne) semble être exclue pour des raisons géopolitiques et géographiques.

4- L’exploitation commune du gaz entre la Mauritanie et le Sénégal constituera un élément de stabilité et condamnera les deux pays à veiller ensemble sur les intérêts tirés de cette manne gazière en taisant toutes dissensions.

5- Enfin, les opportunités socioéconomiques que la Mauritanie pourra tirer du Post-gaz sont réelles.

Ce qui permet d’affirmer sans risque de se tromper que tous les enjeux auxquels font face aujourd’hui les Mauritaniens ont certainement un lien, entre autres, avec les perspectives d’une nation productrice de gaz à l’horizon 2021.Qui sait, peut-être même que les enjeux des élections générales que nous venons de vivre découleraient de ces mêmes perspectives. Mais contrairement aux idées reçues, la production de cette richesse ne sera pas synonyme de résorption de tous les problèmes de chômage que le pays connaît depuis quelques années.

Certes, la Mauritanie doit se préparer à la gestion de cette manne gazière par la formation d’une main d’œuvre hautement qualifiée dans le domaine, notamment des ingénieurs, des techniciens supérieurs, des ouvriers…Mais sans exagération, car les postes dans l’industrie du gaz sont très limités et les ressources humaines sont peu absorbables par les sociétés travaillant dans le domaine.

Peut-être que tout au long de l’exploitation du produit et de la découverte d’autres puits, une véritable industrie du gaz dans ses différents démembrements s’installera dans le pays, y compris peut-être dans le domaine du raffinage ou de l’exploitation d’autres dérivés du gaz. Par contre, les revenus tirés de la production seront assez importants pour relever le budget de l’Etat, améliorer le niveau de vie des populations, celui des soins de santé et de l’enseignement, mais aussi celui des infrastructures. A condition qu’une bonne politique de gouvernance accompagne le processus, sinon comme dans beaucoup de pays, les revenus tirés du gaz serviraient dans le même sillage que le fer, le poisson ou l’or mauritanien, à enrichir une minorité au milieu d’une misère généralisée.

Les sociétés locales (BTP, bureaux d’études, etc) qui voudraient se greffer à ce processus gazier devront dès à présent rechercher une certification de haut niveau pour prétendre travailler avec les compagnies présentes, en l’occurrence BP ou Total.

Cheikh Aidara





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