Festival des villes anciennes : Ouadane sous le sceau du communautarisme

mardi 27 décembre 2016
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De l’avis de plusieurs observateurs, le Festival des villes anciennes dans sa 6ème édition qui vient de s’achever à Ouadane, s’est drapé d’un dangereux vernis communautariste. Maures du Sahara, du Mali et de Mauritanie dans une réelle et exclusive communion.
Le festival de Oudane fut un véritable rendez-vous communautaire. En effet, en marge des événements folkloriques qui ont regroupé toutes les communautés nationales, les Maures se sont retrouvés. Il s’agit des maures du Sahara, des Maures du Mali et des Maures de Mauritanie qui ont tous cela de spécifique qu’ils ont la même couleur de la peau, partagent la même langue et le même territoire nord africain.
En fait, sans que le pouvoir ne s’en rende compte certainement, certains des extrémistes logés dans l’entourage des hautes autorités sont parvenus à tirer insidieusement sur la corde communautariste lors de ce festival : la 6ème édition du Festival de Ouadane, qui a eu lieu du 12 au 16 décembre 2016, fut, dans une certaine mesure, une véritable communion entre les Maures.
D’où ce raisonnement presque raciale que relevé avec indignation par nombre d’observateurs qui ont constaté que la donne communautariste semble dans cette Mauritanie de la dernière décennie être érigée en mode de gouvernance politique.
Sinon, comment expliquer l’exclusion des Maures du Sénégal à ce rendez-vous ? Est-ce du fait de la couleur de leur peau ? Comment explique en amont la reconnaissance officielle d’un parti politique aussi communautariste et raciale, que celui de Daoud Ould Ahmed Aîcha qui ne s’est pas caché d’avoir créé « un parti pour les Maures » pour contrer selon lui les discours extrémiste des Flams et de l’IRA, qui eux butent sur un systématique refus de reconnaissance.
Cette affirmation de plus en plus forte des tenants de l’idée qui veut que la communauté maure doit s’imposer comme composante majeure de la population mauritanienne et à laquelle doivent s’assimiler toutes les autres composantes du pays ou s’exiler, trouve ainsi toute sa quintessence dans nombre d’actes qui se sont produits ces derniers temps. Parmi ceux-ci, les propos de Mohamed Ould Abdel Aziz, le Président de la République, selon lequel « les Maures forment la majorité en Mauritanie ». Voir sa dernière interview avec le journal français « Le Monde ».
Ainsi, si en France, le repli identitaire sur le « Français de souche » fait les bons jours du radicalisme politique, en Mauritanie, l’identité maure menacée par le « péril noir » avec la jonction tant redoutée entre « Harratine et Négro-mauritanien » qui se dessine de plus en plus, fait germer un sentiment de peur. D’où cette velléité à rameuter la grande fratrie éparpillée entre le vaste Sahara algérien et marocain, jusqu’aux confins de l’Azawad, mais aussi à réinventer « une résistance maure contre l’envahisseur français » comme socle capable de ressouder la communauté autour d’un vécu commun.
Ainsi, d’un festival culturel qui était sensé ressouder les liens intercommunautaires, les Mauritaniens découvrent un système qui cherche à consacrer définitivement la suprématie d’une communauté sur toutes les autres. D’où, l’anachronisme d’un pays supposé multiethnique, mais qui dans les faits, ne l’est point.
Sinon encore une fois, pourquoi ni le Président de la République, ni son Premier ministre, n’ont daigné honorer de leur présence la plus grande manifestation de la communauté Soninké, celle qui a regroupé tous les Soninkés du monde à Nouakchott il y a deux ans ? Pourquoi, les manifestations culturelles chapeautées par des membres des autres communautés sont systématiquement séchées par le ministre de tutelle et le moins gradé de son département, alors qu’ils se bousculent au portillon du moindre évènement organisé par la plus obscure association dirigée par quelqu’un de leur communauté ?
La Mauritanie est hélas tombée aujourd’hui entre les mains des chauvins, ceux qui ont toujours développé des idées anti-noires et anti-harratines et qui ont maintenant les armes politiques en main pour l’application de leur funeste idéologie.
JOB





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